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Das jüdische Blatt · 1914-03-06 · 10 (6.3.1914) · p. Seite 3

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Journal
Das jüdische Blatt
Volume
V (1914)
Issue
10 (6.3.1914)
Date
1914-03-06
Page
Seite 3 (sequence 3)
Language
German
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Nr. 10. Das Mische Kiatt. 3 l~" 1 - - 1 1 "= remplir ma mission, dans toute ma liberte,. avec tonte ma conscience!!?“ Ne crois pas, 6 mortel, que le but de ta destinee reside en ce qu’il advient de toi ici-bas. Ne mesure pas ton existence d’apres le plus ou moins d’influence, d’honneurs' ou de richesses que tu auras acquis durant ta vie, le plus ou moins de gloire que tu auras atteint! Non! . . . notre mission consiste en la perfection de notre etre, et des actes qui decoulent de oette perfection. Nous pouvons juger de notre perfection, selon que nous transformons les dons de Dien, petits et grands, en actions humaines au profit de l’humanitö. Ce que nous acquerons soit en intelligence, soit en richesses, soit en honneurs, n’a de valeur qu’en tant que nous l’acquerons comme moyens d'action au profit de notre prochain! Depuis le plus leger pouvoir intellectuel jusqu’ä la plus puissante force physique de ta main, — ä l’aide de laquelle tu transformes la creation et dont tu te sers aux besoins terrestres — et tous les etres venant dans ton rayon d’action durant ton sejour ici-bas, sont autant de moyens qui te sont protes et qui, au pied du frone du Seigneur, temoigneront un jour ou pour toi ou contre toi, qui diront si tu les as negliges ou si tu t’en es servi, si par eux tu as su te faire b6nir ou maudire. Le moyen de mesurer l’action humaine est pourtant, bien facile; il consiste en sa conformite avec la volonte divine. Pour mesurer la grandeur de l’homme il faut, non pas considerer l’etendue des moyens pretes ni l’etendue de ses actions, mais regarder si Faccomplissement de la volonte divine est en rapport des moyens pretes. La vie est manquöe, meme avec les meilleurs Sentiments, les plus belles pensees, si les actes ne sont pas ce qu’ils auraient pu etre. La vie est bien remplie malgre l’exigui'te des actes, si les moyens pour faire plus, ont fait defaut. Ce qui fait surtout la grandeur de l’homme, c’est d’employer la plenitude des dons que Dieu lui accorde, ä la perfection et ä la feil eite de ses semblables; car en ce faisant, il accomplit entierement la volonte divine! De Dieu dependent la force et la faiblesse, l’intelligence et la nullite, la richesse et la pauvrete, mais de l’homme seul dependent la honte, la crainte de Dieu, et Faccomplissement fidele de ses devoirs snivant les moyens dont il dispose, parceque libre. Dans ces conditions, pouvons-nous mesurer l’homme d’apres ce qui ne depend qu’ä moitie de lui, et ne vautil pas mieux le juger d’aprös les actes dont Dieu lui laisse l’entiere liberte, et qui seuls feront sa grandeur? La mission de l’homme ainsi comprise, peut de cette fayon etre accomplie par chacun de nous, ä n’importe quelle epoque, quelque soit le degre de nos forces et de 110s moyens et dans n’importe quelle Situation. Celui qui, en son temps, dans la Situation qu’il occupe, avec le degre de forces et de moyens dont il dispose, accomplit la volonte divine envers les creatures qui l’entourent, ne lese jamais personne, seconde chacun, selon ses moyens, et Fexhorte ä remplir sa mission terrestre, celui-lä est Honime! Car, jl a pratique la justice et l’amour pendant toute son existence ici-bas! Toute sa vie — tout son etre — toutes ses pensees et tous ses Sentiments — ses paroles et ses actions — tous ses biens, par l’usage qu’il en fit — tout tendait ä servir Dieu! Une teile vie est au-dessus de toute vicissitude. Dans* la joie ou dans la peine, dans l’abondance ou dans le besoin, au rnilieu des larmes de honheur ou de rösignation, la personnalite humaine — immuable presque comme Dieu — ne voit dans chaque nouveau don, dans chaque nouvelle perte, qu’un appel a une nouvelle solution d’un meme devoir. L’homme dans son enveloppe terrestre n’appartient ainsi, qu’ä la terre et son existence ici-bas est d’une vaste porteC. Aucun Souffle, aussi leger soit-il, aucun brin d’herbe, aucun des insectes les plus ephömeres, n’existe sans raison et chaque chose, tout invraisemble que cela paraisse, apporte son contingent d’utilite ä l’edification du grand Tout; de meme aucune jouissance, aucune pensee, aucun acte, aussi futile soit-il, rien n’est vain, rien n’est inutile. Accomplir la volonte divine avec nos pensees, avec nos paroles, avec nos actes, faire hon usage des biens que nous possedons ou que nous acquerons, voilä la raison de notre existence; — — — et, cette volontö divine il faut que nous la saissisions et la comprenions; car ce qui fait surtout la grandeur de l’homme, c’est qu’alors que la voix du Seigneur se fait entendre et comprendre par l’intermediaire de toutes les autres creatures, sans qu’elles en aient conscience —, ä l’homme seul, Dieu s’adresse directement, afin qu’il accepte librement la volonte divine et qu’elle devienne le moteur de toutes les actions de sa vie! Ayons donc l’äme assez elevee pour ne pas consentir ä vivre d’une existence purement bestiale. Remplissons librement les plus nobles de nos fonctions, qui consistent ä pratiquer, la Justice — l’Amour — et la Bonte. Ces fonctions eussent ete moins nobles, si une Obligation quelconque nous y avait assujetes. Ce qui fait precisement notre honneur lorsque nous les accomplissons, c’est que rien nous force ä les accomplir. Plus l’homme agit avec bonte, plus il agit avec amour, plus il agit avec justice et mis6ricorde, plus il s’eleve au-dessus de la condition animale et se rapproche de la condition divine. La est notre devoir. En cela doit etre notre but. En dehors de cela, tout n’est que contradictions, tenebres, mensonges. Si donc nous ne pratiquons pas le bien — le beau — et le Juste, comme il le faudrait, par suite d’une passion veritable pour le beau meme — pour le bien meme, pour le juste. meme, pratiquons-le par dignitö humaine, en vue de nous hausser au-dessus de nousmemes et de nous rapprocher du Createur! Allez donc, 6 morteis, rentrez en vous-memes et sondez-vous; sondez votre coeur, sondez votre äme ä la vue d’un brin d’herbe que la rosee fait reluire de mille teintes vermeilles, — ä la vue des moissons, dont les epis en fleurs dressent vers le soleil leurs totes dores ä chaque Saison, — ä la vue du firmament constellö d’etoiles, qui scintillent dans la nuit comme des feux de diamants — ä la vue de ces mondes, qui du zenith au nadir, dans leur marche silencieuse et eternelle parcourent le ciel — sondez-vous ä l’ou'ie du doux murmure des ruisseaux serpentant dans les plaines — du sourd grondement d’un fleuve deborde, broyant tout sur son passage dans sa course vagabonde, ou du fracas du tonnerre, faisant trembler les montagnes — et si, malgre

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