Das jüdische Blatt
- Journal
- Das jüdische Blatt
- Volume
- IV (1913)
- Issue
- 6 (7.2.1913)
- Date
- 1913-02-07
- Page
- Seite 3 (sequence 3)
- Language
- German
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Nr. 6. Das jüdische Klatt. 3 von der Türkei und von sonstiger Hochweiser Politik, fing mein Mitreisender an, von den Richtlinien zu sprechen. Na, hat der mich heruntergeputzt. Sehen Sie, sagte er, jeder gebildete Christ nimmt Interesse an der Sache, denn eine religiöse Bewegung fordert immer das Interesse eines gebildeten, anständigen Menschen heraus. Und wissen Sie, wohin ich fahre? Nach 3E, um dort einen Vortrag über die Richtlinien zu hören und mir ein Urteil zu bilden. Meinen Sie denn, ich mache es wie Sie? (Wenn der Mann wüßte, was ich mir für Mühe gegeben habe.) Offen gesagt, nehmen Sie es mir aber nicht übel, ich begreife Sie nicht. Sie habe ich immer für einen richtigen Vorstand gehalten, der nicht bloß für die Finanzen (nebbich!) seiner Gemeinde sorgt. Und es hat mich sehr gewundert, daß Sie gar nichts getan haben, um Ihre Gemeinde zu informieren. (Wenn der Mann wüßte, was ich für eine nette Antwort von meiner Gemeinde erhalten habe, als ich ihr das Angebot unseres Rabbiners mitteilte, uns einen Vortrag über die Richtlinien zu halten.) Aber, ja, ja, man kann sich irren. Und was ich darauf sagte, möchten Sie wissen? Gar nichts, aber geschämt habe ich mich. Dergestalt sind heutzutage die Vergnügungen Ihres gedeppten Rofch Hakohol. Heroisme d une jeune fille juive d Alsace sous la Terreur. Extrait du journal l’Alsacien-Lorrain de Paris. Dans le cours du mois de decembre 1793, le citoyen Otto, commissaire revolutionnaire ä Bergheini, pres Ribeauville, descendit de cheval devant la niaison de Tisraelite Gersehet ou Gerson See et heurta ä la porte d’entree. Une jeune fille lui ouvrit. — Ou est ton pere? demanda le commissaire. — En voyage. — Ou va? — Je ne sais pas; que lui voulez-vous? — L'arreter. — L’arreter: Et pourquoi? Quel est son crime? — C’est un egoiste, et il agiote. — 6ela n’est point. — Alors pourquoi s’est-il sauve? — On l'accuse a tort; on peut le coudamner injustement. — Je te Somme encore une fois de parier. Oii se cache ton pere? — II ne me l’a pas dit. — Tu veux donc etre arretee a sa place? — Oui. — Etre emmenee a Strasbourg? S’il le faut. — Et faire connaissance avec la sainte guillotine? —- Pour sauver mon pere, oui. — Je t’arrete donc. En un instant, la jeune fille eut les mains liees, la corde nouee autour de ses poignets, fut attachee a l’un des argons, puis le commissaire remonta en seile et la pauvre enfant dut cheminer a pied jusqu’ii Strasbourg. La, eile fut jetee en prison. Elle v resta quinze jours au milieu de vingt-huit autres detenus, emigres, suspects, aristocrates ou pretres refractaires. Le quinzieme jour, eile se trouva la deruiere avec un vieux eure, (|iii avait voulu connaitre le motif de son arrestation et que sa conduite avait vivement touche. A son tour, on vint le prendre: «Pauvre, pauvre enfant, dit-il en la quittant, | que je te plains, que j’ai pitie de toi! Pour moi, mourir n’est rien, je suis age, mais toi, si jeune, si digne d’une vie heureuse! ... Adieu, adieu, ma fille, puisse le ciel te proteger!» II l’embrassa et fut eramene. Un instant apres, eile comparaissait elle-meme devant ses juges. Us furent saisis de sa beaute. Svelte, bien faite, agee de dix-sept ans ä peine, eile captivait le regard par je ne sais quoi de virginal et de tendre. qui contrastait avec la hardiesse de son devouenient filial. Son visage frais et rose, oü brillaient, sous une chevelure d’ebene, de grands yeux noirs, le double arc de ses sourcils ressortant sur la blancheur d’un front pur, le cou flexible qui portait cette tete aimable, toutes ces graces, que rehaussait un maintien ä la fois pudique et resolu, avaient fait une vive Impression sur le tribunal. Sa cause etait gagnee d’avance. La sentence qui acquitta la jeune accusee fut libellee en ces termes: Au nom de la republique frangaise, une et indivisible, «Le Tribuaal criminel revolutionnaire du departement du Bas-Rhin a rendu le jugement suivant: «Vu par le Tribunal la requete a lui presentee par Raissel Soe fille de Gerschel Soe d’Oberbergheini, departement du Bas-Rhin, tendant ä obtenir son olargissement pour avoir cte arbitairement mise en 6tat d’arrestation par le citoyen Otto, commissaire revolutionnaire nomine par Euloge Schneider, en se devouant d'elle-meme pour sauver son pere d’une arrestation arbitraire; oui les conclusions de l’accusateur public Substitut, le Tribunal a declare l’arrestation faite par le citoyen Otto nulle, illegale et arbitraire; en consequence, a ordonne qu’elle seit mise en liberte. «Considerant qu’il importe que la piete filiale de la petitionnaire ä l’egard de son pere et son devouenient genbreux pour lui conserver sa liberte en s’offrant ellememe prisonniere de ce commissaire soient connus du public conime un exemple digne d’eloge. «Le Tribunal ordonne que le present jugement seit imprime dans les deux langues et envoye a toutes les municipalites du departement; ordonne en outre qu’elle est dechargee de tous les frais et depens qu’elle a eus pendant son emprisonnement, sojour et retour; que le montant sera payc par le caissier du Tribunal, et que par avancement sur les dommages et interets quelle est dans le cas de reclamer, il lui seit paye par ledit caissier la somme de cent livres pour pouvoir s’en rctourner chez eile, lui reservant en outre tous ses droits et actions contre ledit Otto. «Fait a Strasbourg, le 7 nivöse de Tan II de la Röpublique frangaise, une et indivisible. Et ont signe: Mainoni, president; Teterel et Wolf, juges; Hödel, commis greffier. avec paraphes. Collationne: Hodel, commis greffier. Rose See — c’est le nome de notre heroine, Raissel ou Roesel (Rosette) n’en est que le diminutif — Rose See, disons-nous, s’est mariee plus tard a Diebolsheim, dans le Bas-Rhin. Sa vie fut digne de l’acte filial qui lionora sa jermesse. Trois fois par semaine, eile chauffait son four pour les pauvres de la commune, sans distinction de culte. Lorsqu’elle mourut, les cloches de Tcglise