Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Journal
- Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Volume
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918-1918)
- Issue
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918)
- Date
- 1918-01-01
- Page
- Seite 97 (sequence 98)
- Language
- German
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97 nature est continuellement dans l’acte de devenir, et de se transformer, puisque rien n’est plus difficile que de s’approprier une connaissance objective de l’histoire et de libérer la pensée de tout élément désaccordant, de la discipliner, il est naturel que les conceptions de l’univers soient aussi flottantes et changeantes. Partout il y a chaos d’opinions et de théories, chacun croit avoir résolu les problèmes derniers de l’existence. On parle du vrai, du beau et du bien éternel, néanmoins chacun considère comme beau, vrai, bien et sacré cela seulement que l’humeur passager lui fait apparaître comme tels. Chacun se fait une conception de l’univers d’après son propre image, interprète l’univers d’après ses idées fantasques, chacun élargit ses idéaux jusqu’à l’infini, chacun place ses désirs et ses espérances personnelles au niveau de principes universels. Tout est flottant et changeant, nulle part on ne trouve de la concentration dans le but d’une perception réglée, nulle part dé la classification intelligente dans le but d’acquérir une conviction ferme. Les uns crient : « retournons à la Renaissance», les autres «retournons aumioyen âge», d’autres «à l’état primitif de tribus», d’àutres encore: «au moi des principes anarchistes », d’autres «retournons à Nirvanah». Des personnes tout autres crient: «En avant», et ainsi il y a aussi une ligne éternellement progressive dans l’infini. Chacun se. croit normal et voit la paille dans l’œil de son frère et ne se rend pas compte de ses propres défauts. Chacun croit voir clairement le but final de l’éducation de l’humanité qu’est l’histoire universelle, et est prêt d’appeler son prochain faux prophète. Mais lorsque dans le besoin nous nous sentons vis à-vis de la rude réalité de la vie, et que, épuisés et fatigués nous tendons nos mains vers notre conception de l’univers dans l’attente qu’elle nous donne de nouvelles forces, alors elle se dissout, disparaît, et 7