Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Journal
- Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Volume
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918-1918)
- Issue
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918)
- Date
- 1918-01-01
- Page
- Seite 96 (sequence 97)
- Language
- German
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96 inerte. Sur leurs tombeaux on devrait mettre l’épitaphe: « prit femme, procréa des enfants, et mourut. » Tl fait si bon vivre au milieu des fumées de vin et dans l’air vicié par le tabac! Pour des gens de cette trempe le papier imprimé est l’indice de la culture — et le papier est patient, oh si patient. Alors au milieu de la foule se lèvent par ci, par là des hommes qui ne veulent plus jouer le rôle de l’enclume, qui veulent devenir indépendants. Des questions de l’origine, de la destinée et du pourquoi des choses les assaillent et ils se sentent poussés à la recherche des connexions entre la vie et les événements. Autrefois il était possible pareil aux bouddhistes, d’élever la paresse, l’inactivité, l’uniformité et la monotonie au niveau de principes mondiaux. Aujourd’hui ce n’est plus possible parce que nous vivons dans un siècle d’activité, qui considère la paresse comme une disgrâce. Autrefois également, il était possible de donner la coïncidence comme raison explicative de l’univers. C’était fort commode. Aujourd’hui où les physicistes-astrologues# ont démontré l’ordre et la mesure dans le système planétaire et ont fixé cet.ordre dans des formules mathématiques rigides, cela ne sera non plus possible. De voir la signification totale du monde dans la pression et le serrage des corps primordiaux, dans la rotation éternelle des atomes ne peut, réflexion sérieuse faite, satisfaire personne à la longue. Mais chacun veut avoir sa conception, une conception personnelle du mon'de, et seulement d’y prétendre vous met déjà dans le rang des gens cultivés. Comme si l’on pouvait acheter une conception comme un pardessus! Il faut pour la formation de ce qu’on appelle « les idées qu’on a sur le monde » au moins une connaissance assez approfondie des lois naturelles, une connaissance de l’histoire de l’humanité et des formes dans lesquelles la pensée s’accomplit. Or puisque la connaissance de la