Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Journal
- Jüdisches Jahrbuch für die Schweiz
- Volume
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918-1918)
- Issue
- 3. Jahrgang 5679 = 1918/19 (1918)
- Date
- 1918-01-01
- Page
- Seite 95 (sequence 96)
- Language
- German
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95 ©’idoles modernes. Celui qui ne fait que diffamer la civilisation n'est pas un civilisateur. Celui qui désire réellement être utile à ses semblables doit montrer le chemin de l'amélioration. Or pour ainsi aider, il faut exposer le mal, sans qu’il soit nécessaire d’ailleurs d’entonner des jérémiades et de prédire sans cesse la chute de la civilisation, la décadence des mœurs, la pourriture et la décomposition de nos institutions. Si l’on considère que la raison de la moyenne des hommes de notre temps n’est pas en juste proportion avec la raison lucide d’un enfant de douze ans, et que le jugement d’un enfant de cet âge est souvent beaucoup plus naturel et bien plus modéré que celui d’un homme dans la quarantaine, il est évident que tout n’est pas comme cela devrait être, même si l’on tient compte du fait que plus il y a de réflexion, plus il y a de doute, et que c’est précisément le doute qui empêche le penseur d’aller droit au but. «Comment se fait-il», dit Alexandre Dumas, «les enfants étant si intelligents que les hommes soient si bêtes?» Et il répond: «Cela doit tenir à l’éducation. » Le mot éducation étant pris dans son sens le plus large, il n’est guère possible de donner une autre réponse. La raison des adultes est obscurcie par les préjugés, et à un degré qui permet de croire que l’homme est responsable lui-même du 98 pour 100 de tous les malheurs qui le frappent. Un chien malade se couche tranquillement, mange de l’herbe, vomit et est de nouveau bien portant; mais l’homme ne sait ce qui lui sera profitable. La grande masse du public électeur, ce troupeau d’hommes sans initiative, vivent dans une léthargie brute,