Mitteilungen zur jüdischen Volkskunde
- Journal
- Mitteilungen zur jüdischen Volkskunde
- Volume
- 1924-1925
- Issue
- Jahrbuch (1924-1925)
- Date
- 1924-01-01
- Page
- Seite 63 (sequence 71)
- Language
- German
- Belongs to
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Grunwald, Zur Geschichte der Marranen. 63 Texeira est un homme qui merite sa protection, non seulement parce qu'il est mon serviteur, mais aussi parce qu'il est capable de rendre des Services considerables ä la Couronne en fait d'argent, et que je m'interesse sensiblement en ce qui le touche." Quelque tems apres eile eut sujet de remercier le Roi des remontrances qu'il avoit fait faire par son Ministre Mr. Möller au Magistrat en faveur de Texeira1). Mais comme il y eut une nouvelle contestation entre lui et les Magistrats, qui ne vouloient pas permettre qu'il se retirät de Hambourg sans leur consentement, voici la lettre assez seche que la Reine leur eerivit ä ce sujet: „Messieurs. J'ai ete fort suprise d'apprendre le procede dont vous avec use envers mon Resident le Dn. Manoel Texeira, en l'obligeant de vous donner parole de ne pas se retirer de votre ville sans votre consentement et je le trouve d'autant plus etrange, qu'il est tout ä foit contraire aux droits dont les Ministres publics jouissent par tout. II a tenu ce rang aupres de vous plusieurs annees et vous lui avez fait [T. II, p. 87] les honneurs qui sont düs au Caractere qu'il porte. Maintenant vous pretendez de l'empecher de se servir du privilege d'une personne qui ne depend pas de vous. Je me serois plutöt imagine toute autre chose que de vous voir venir ä cette extremite, et m'etois persuadee que pour accroitre les obligations que je vous devois avoir des civilites que vous lui avez faites par le passe, vous ne voudriez pas manquer envers lui dans les marques du Respect, que vous avez toüjours eu pour moi, mais cette fagon d'agir m'a desabuse entierement, et parce qu'elle blesse trop ma reputation, je ne la puis souffrir sans vous en temoigner mon ressentiment, le mauvais traitement que vous lui avez fait me * touchant au vif et je le prends comme si vous me l'aviez fait ä moimeme. II est mon Ministre, et depend entierement de moi, et je pretends de m'en pouvoir servir en tous les lieux, oü mes interets pourront requerir ses soins et sa presence, sans que vous presumiez que votre consentement y soit necessaire. Je ne me mettrai pas ä vous montrer l'interet de votre ville, auquel vous prejudiciez si notablement, par un exemple qui va ä la ruine de votre commerce, qui est fonde en bonne partie sur la liberte et la sürete des particuliers qui les viennent chereher chez vous. Groiez-vous d'avantager vos interets en changeant ce refüge en prison, par cet exemple? Outre cela, pouvez-vous oublier les f acheuses suites que tire apres soi le manque de respect aux Ministres publics? Vous voiez donc que vous etes obliges de changer de procede avec Texeira, le considerant non seulement comme Ministre, mais 1) Ce Texeira eHoit puissammant riche et fort honnore' des Savans juifs de sa Nation. Le ce'lebre Jacob Jehuda Leon lui de"dia sa traduetion des Psaumes de David avec ses paraphrases en Espagnol. Elle est imprime'e a Amsterdam 1670 a 8 et Texeira y porte le titre de Resident de la Reine Christine de Suede etc. Celui de ce nom, qui vivoit encore en Hollande il y a quelques annees, etoit son fils dont la veuve, qui e*toit sa niece, est fort conside're'e.