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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1889-01-01 · 4 (1889) · p. Seite CDXL

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
4 (1889)
Article
Le Talmud
Date
1889-01-01
Page
Seite CDXL (sequence 60)
Language
French
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CDXL ACTES ET CONFÉRENCES Quarterly Review. Depuis Justinien, qui, dès 553, lui fait l'honneur de le proscrire par une novelle spéciale (novella 146), jusqu'à Clément VIII, pendant plus de mille ans, les pouvoirs séculiers et spirituels, les rois et les empereurs, les papes et les antipapes ont rivalisé à qui lancera des anathèmes, des bulles et des édits d'extermination contre ce livre infortuné. » En 1239, Grégoire IX le fait brûler en France et en Italie; en 1264, Clément IV renouvelle la défense et condamne au bûcher ceux qui en détiennent des manuscrits. Deux siècles plus tard, l'interdiction n'est pas encore levée, „ et, en 1484, on met 36 ans pour imprimer 23 traités : là publication était secrète. En 1520 Léon X abroge le décret. Mais en 1553, à l'instigation du Juif apostat Salomone Romano, Jules III rétablit ' l'interdiction et fait brûler le Talmud à Rome et à Venise. Paul IV, excité par "Vittorio Eliano, le digne père de Romano, imite Jules III en 1559. Quatre ans après, le Concile de Trente permet la publication du Talmud, mais sous la surveillance d'une censure si minutieuse que les Juifs refusent d'abord de profiter de cette autorisatipn. Ce n'est qu'en 1578 que paraît cette édition de Bâle « tellement expurgée qu'elle peut être lue avec profit môme par les chrétiens. » Mais si, malgré le Concile, Pie VI en 1566 et Clément VIII en 1592 et 1599 renouvellent les décrets d'interdiction, bientôt néanmoins les éditions du Talmud se répandent rapidement; et le xvie siècle voit, sous l'influence de la réformation, les études juives revenir en honneur auprès des savants chrétiens qui vont s'instruire chez lesrabbins. Le plus célèbre auxvi6 siècle est Reuchlin, le savant impartial, le champion intrépide du Talmud. L'on remarque aussi, entre autres, le médecin de Maximilien Ier, Paul Riche, qui essaie une compilation latine, la première, je crois, du Talmud. Au siècle suivant les travaux abondent. En première ligne il faut citer ceux des deux Buxtorf, qui, pendant plus de soixante-dix ans, occupent l'un après l'autre la chaire d'hébreu à Bâle et publient soit des grammaires hébraïques, soit des lexiques, traduisent les auteurs juifs du moyen âge et instruisent leurs contemporains dans les études rabbiniques. L'on tente alors des traductions latines de divers textes talmudiques. Constant l'Empereur traduit et annote les traités Baba Kama et Middoth; Cocceius, les traités Mahlcoih et Synhedrin; Surenhusius,

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