Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDXXVIII (sequence 48)
- Language
- French
- Belongs to
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CDXXVIU ACTES ET CONFÉRENCES commun. Mais après la destruction du temple, quand les docteurs allèrent établir leurs écoles à Jabné, dans le nord delà Palestine, les prêtres, dont le service devenait inutile, s'exilèrent dans le Darôma, ou le Sud, et là établirent des écoles rivales, où ils enseignèrent la tradition sacerdotale. Tandis que les nombreux disciples cTAkiba développaient la parole du maître, R. Ismaël ben Elicha, grand-prêtre, instruisait le Darôma. Restreignant le système d'interprétation qu'Akiba poursuivait rigoureusement jusqu'aux dernières limites, il expliquait le Pentateuque d'après le sens simple. . 11 repoussait des livres de Moïse les leçons que l'école du nord fit définitivement triompher, pour conserver les variantes que consacrait l'ancienne tradition pontificale. On lui doit des commentaires sur le Pentateuquè, la Genèse exceptée. C'est la Mékjiiltha (mesuré) commentaire sur PExode; le Sifra (livre), commentaire sur le Lévitique, qui est appelé aussi Thorath Cohanim ou Loi des Prêtres, à cause des nombreuses prescriptions lévitiques qui font l'objet du troisième livre de Moïse. Enfin, le Si/ré (livres), qui renferme les commentaires des Nombres et du Deutéronome. Ce Sont là les seules œuvres que nous ait laissées l'école du Darôma. Cette école même s'éteignit bientôt dans les ténèbres, chaque jour plus obscurcie par l'éclatante lumière dont brillait sa rivale du nord. Ces ouvrages mêmes ne furent conservés que parce que les écoles pharisaïques s le3 adoptèrent, mais après leur avoir fait éprouver des retouches qui en altérèrent le caractère. Les changements ne furent pas cependant assez profonds pour qu'au-dessous dé la couche phari- saïque, if ne restât des traces de l'enseignement sadducéen ou du moins sacerdotal. C'est grâce à ces vestiges que de nos jours la science historique, par un examen approfondi* des détails, par' une minutieuse étude de la langue, des Halakhoth et des leçons du Pentateuque qui y sont rappelées, a pu parvenir à retrouver l'esprit de l'œuvre primitive; et, rétablissant le texte aux trois quarts effacé de cette' sorte de palimpseste, elle a à la fois reconstitué l'œuvre de .Fécole d'Ismaël ben Elicha et démontré la permanence de l'enseit gnement sadducéen. Cependant Akiba n'avait pas encore achevé son œuvre. Il ne suffisait pas d'avoir relié au Pentateuque toutes les lois tradition-