Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CDIII (sequence 23)
- Language
- French
- Belongs to
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LJE TALMUD cmii toujours cultivée par les Juifs, et elle resta <jhez eux comme une tradition de science jusqu'aux temps modernes. On ne sera donc pas étonné d'en trouver des notions assez étendues dans la Haggada^ Il y a des pages entières consacrées à l'exposition de formules médicinales et de recettes pharmaceutiques. On y lit des séries de préceptes sur l'emploi des simples, et des leçons d'hygiène. Notre ignorance en ces matières nous interdit de faire un choix et de donner des extraits. Nous croyons cependant qu'il serait, intéressant de voir s'il y a là un ensemble d'observations personnelles et de recherches empiriques propres, comme le pensent des savants juifs ' du moyen-âge. L'auteur du Cozari, Juda Halévi, prétend que le Talmud possède des connaissances que l'on ne retrouve ni dans Aristote, ni dans Galien. Peut-être aussi ces notions sont-elles reliées entre elles par des vues générales et systématiques, et, dans ce cas, il faudrait examiner si ces théories médicales ne sont pas un emprunt aux écoles d'Hippocrate, dé' Galien, de Soranus, ou si du moins elles n'en ont pas subi l'influence. Quoi qu'il en soit, il y a là, selon nous, un problème intéressant pour "L'histoire" delà médecine. Les docteurs favorisaient-ils la médecine magique, cet amas de pratiques superstitieuses dont laChaldée inonda l'Asie et l'Europe? Avec les dispositions qu'on leur connaît, on peut répondre hardiment : non. Us racontent quelque part dans le Tqlmud que le roi Ezéchias cacha et détruisit un livre de médecine et ils le louent de r ■ t: - ri» cet acte, parce que, dit Maïmonide. ce livre renfermait des remèdes talismaniques. Oii ne sera pas surpris néanmoins de trouver dans la Haggàda une large part faite à la magie. Mais on ne verra figurer parmi les maîtres du grand art ni Samuel le Babylonien, ni Théodps le Palestinien, dont le Talmud vante la science médicale. Ce seront des docteurs, rappelant avec plus ou moins de crétiulité ces superstitions populaires, (Jont l'étude n'est p^s d'un minôe intérêt, d'ailleurs, car il est'très curieux de voir comment ces pratiques, communes à toute l'Asie, revêtent chefc les Juifs des formes particulières, où se révèle leur génie propre. S'il faut en croire Pline, la fièvre quarte se guérit en attachant au cou la dent la plus longue d'un chien noir, ou enfermée dans un petit linge, et attachée