Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le Talmud
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXCVIII (sequence 18)
- Language
- French
- Belongs to
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CCCXCVIII ACTES ET CONFERENCES tion détruite. La. puissance sans cesse grandissante de l'Eglise amena ainsi la fermeture des Î>aihê-3fidrac7iim; et vers 370 la situation critique où se trouvait l'école de Tibériade força les docteurs à rédiger la Gfhemara palestinienne (Jtcàmud Jerouchalmi). III LÀ HAGGADA. Nous arrivons à ce deuxième courant dont nous avons reconnu l'existence au sein de la « mer Talmudique », pour employer l'expression des Docteurs. A cette question : qu'est-ce que la Haggada? nouâ avons répondu, en disant que tout ce qui dans le Talmud n'appartient pas à la discussion légale et ne concourt pas à l'explication de la Halakha est du .domaine de la Haggada. Elle n'embrasse pas seulement l'homélie, la prédication et l'exégèse édifiante de la Bible, tout ce qui parle au cœur pour le toucher, à l'esprit pour le persuader; mais on y retrouve l'histoire réelle ou légendaire, des notions sur les sciences les plus variées, mathématiques, astronomie, physique, médecine, histoire naturelle. La Haggada est le dire dans toute son étendue et sa vague généralité, le on ^journalier, la conversation simple ou l'enseignement moral qui vient interrompre ou suivre les savantes et pénibles discussions de l'école et reposer l'esprit fatigué. On voit donc que la Haggada ne peut avoir aucune autorité, et si elle peut imposer à la foule la vénération, parce qu'elle provient de bouches autorisées dont les paroles sont respectées, elle n'implique pas le caractère de la légalité. Elle ne fait pas loi. c< On ne fait pas d'objection à une Haggada » est une des règles du Talmud. Ailleurs il est dit : « On ne décide pas d'après la Haggada. » Les docteurs plus spécialement portés à l'étude de la Halakha appliquaient malignement à l'Aggadiste le verset, de l'Ecclésiaste : C'est un homme à, qui Dieu donne des Mens et à qui il ne permet pas d'en jouir, parce qu' « il ne peut faire usage de. ses