Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Jephté. Le droit des gens et la répartion de la Palestine entre les tribus
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCLX (sequence 18)
- Language
- French
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CGCLX ACTES ET CONFERENCES point entre la théorie et les faits, par un concours tout fortuit de circonstances. C'est le livre de Josuè qui se charge de répondre sur le second point. Par une mise en scène hardie, l'écrivain nous représente le successeur de Moïse parvenu au terme de sa carrière. La conquête du « Chanaan légal » est achevée; Josué procède solennellement par le sort à la distribution du sol entre les neuf tribus et demie non loties, à l'exclusion de celles auxquelles est réservé le territoire conquis à Test du Jourdain. La Terre promise est considérée comme une table rase; l'auteur ne se préoccupe ni des Ohananéens qui peuvent encore subsister dans des localités isolées ou même dans des districts entiers; il feint d'ignorer que la côte est restée aux mains des Philistins et des Phéniciens. Pour la répartition idéale" qu'il se propose, ces éléments peuvent être négligés ou omis. Il s'agit bien certainement dans sa pensée moins de rapporter exactement ce qui a été, que d'exposer ce qui aurait pu, ce qui aurait dû être. En d'autres termes,, le tableau qu'il trace est un ' tableau idéal et théorique, de même que le Chanaan auquel ils'applique n'est pas le territoire réellement occupé par les Israélites à l'époque historique, mais lé Chanaan légal, celui auquel la Méditerranée sert de frontière à l'ouest et le Jourdain à Test. Dans ces conditions, l'écrivain n'a qu'à partir de la distribution réelle ' qui* a été indiquée tout à l'heure en répartissant entre les tribus la côte maritime 4. C'est ainsi que Juda se voit attribuér là plus grande partie de la terre philistine et s'annexe de la sorte une importante section de la bande maritime. Même sort échoit à la tribû de Dan qui, mécontente de sa situation précaire, devait bientôt chercher fortune ailleurs. Le livre de Josué prolonge généreusement ses limites jusqu'à la côte et lui donne du coup, au moins en apparence, une importance disproportionnée à sa véritable situation. Ephraïm et le derni-Manassé cis-jordanique reçoivent de la même façon un accroissement non insignifiant. Enfin, des environs du Carmel jusqu'à la hauteur de Tyr, la côte est attribuée à la tribu d'Aser. Donc cinq tribus, dont aucune, n'avait accès à la 1 Voyez la carte n° 2 où les additions indiquées par le livre de Jotu€ sont marquées par une désignation spéciale.