Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Jephté. Le droit des gens et la répartion de la Palestine entre les tribus
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCLIX (sequence 17)
- Language
- French
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JEPHTÉ CCCLIX ranée, dont une bande de terrain, d'une vingtaine de kilomètres en moyenne, Ta toujours séparée. Cette bande resta la possession des Rhilistins pour la partie méridionale, des Phéniciens pour la partie septentrionale. Sur la rive gauche du Jourdain, le territoire israélite s'élargit quelque peu dans la région nord-est, mais ses limites ne tardent pas à se rapprocher du Jourdain qu'elles suivent parallèlement au cours du fleuve jusqu'à la rencontre du torrent d'Arnon. Sur la rive occidentale du Jourdain, se succèdent, en partant delà frontière méridionale, les tribus de Siméon, de Jucla, de Benjamin, de Dan (premier établissement), d'Ephraïm, de la demi-tribu cisjordanique de Manassé, d'issachar, de Zabulon, deNephtali, d'Aser et de Dan (second et définitif établissement). Fur la rive orientale du fleuve on rencontre, en allant du nord au sud, la demi-tribu trâns-jordanique de Manassé, les tribus de Gad et de Euben. C'est sur cè territoire relativement restreint que s'est déroulée la fortune de l'Israël historique au travers de vicissitudes nombreuses. Mais ces indications, conformes à la pure réalité, ne s'accor- -.j daient point avec la doctrine que nous avons exposée sur le « véritable Chanaan Vous vous apercevez tout de suite qu'on avait ainsi trop d'un côté et pas assez de l'autre, trop du côté oriental où l'on occupait les importantes régions du Galaad et du Basan, non comprises au programme primitif, pas assez à l'ouest du Jourdain où l'on .devait avoir pour limite la Méditerranée, tandis que les circonstances n'avaient pas permis qu'on s'emparât de la côte . maritime. Pour lever cette double contradiction entre la" réalité et la théorie, entre le fait et l'idée, on s'avisa de deux expédients. Nous avons déjà vu que, en ce qui concerne l'occupation du Galaad et du Basan, qui faisaient partie du domaine réservé par la divinité aux Ammonites èt aux Moabites, on justifiait leur prise de possession par une ingénieuse explication. Certes, pn ne les avait point enlevés à leurs légitimes propriétaires; mais ceux-ci, ayant eu le. malheur ou commis la faute de les laisser tomber aux mains des Amorrhéens ou Chananéens, les circonstances avaient amené les Israélites à les arracher à ces derniers sans avoir à se soucier des droits des tiers. On explique donc l'écart qui se produit sur ce