Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1888
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXXXIV (sequence 12)
- Language
- French
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CCGXXXIV ACTES ET ^CONFÉRENCES ne recouvre la couronne que lorsque l'inconnu se dévoile comnae un ange envoyé par Dieu pour châtier son orgueil. Que de variantes ont été brodées sur ces thèmes fertiles, dont l'un est devenu le prototype d'une légende très répandue au moyen-âge, le « dit du magnificat » I Le difficile en cette matière n'est pas de trouver des analogies — en général, on n'a que l'ejnbarras des richesses — mais de reconstituer les filiations. Qui le croirait? La inode,Tamourpropre de race et de religion se mêlent jusque dans les questions de folklore pour les obscurcir 1 C'est ainsi qu'une certaine école affecte de ramener tous les contes à des origines indiennes^ et, cela même quand le héros est un personnage biblique, comme dans la légende de Salomon que je viens de rappeler. M. Lévi n'a pas de peine à montrer que la critique germanique a fait ici fausse route. C'est bien dans une cervelle de ratbin qu'est éclose celte histoire édifiante; elle a été bâtie tout entière pour expliquer un verset obscur de YEcclèsiasie : « Moi, Kohéiejb, j'ai été roi sur Israël à Jérusâlem. » Kohélet, c'est-à-dire Salomon, a été roi. Qu'est-ce à dire? ïl a donc cessé 3e l'être? Quand? Comment? A quel propos? Et voilà l'imagination de nos docteurs partie en campagne; vous venez de voir ce qu'elle a rapporté *. ' V Le vaste champ de la littérature rabbinique du moyen âge nous a fourni cette année une moisson plus remarquable peut-être par l'abondance que par l'intérêt. Cependant, il ne faudrait pas être ingrat envers nos intrépides fouilleurs de bibliothèques, en premier lieu MM. Bâcher et Neubauér. M. Bâcher a pris prétexte de deux éditions récentes pour nous analyser, avec beaucoup de clarté et de méthode, deux importants ouvrages, dont l'un passait pour perdu jusque dans ces dernières années : il s'agit du commentaire sur le 1 Israël Lévi, F orgueil de Salomon, XVII, 58; Signes* de danger et de malheur, XVII, 202. — Dans le même ordre d'idées; D. Kaufmann, Une anecdote sur Pharaon et Aman chez les Arabes,' XVI, 144 (se retrouve chez Joseph Kimhi).