Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1888
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXXXIII (sequence 11)
- Language
- French
- Belongs to
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RAPPORT SUR LES PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ CCCXXX1II que par M. Jastrow; un de nos collaborateurs en a signalé les mérites et les desiderata *, M. Jastrow lui-même est, d'ailleurs, un de nos fournisseurs réguliers; que de notes ingénieuses nous lui devons déjà sur des points controversés du vocabulaire talmudique! Son explication du mot ludim, par exemple, semble si naturelle, si évidente qu'on se demande comment on n'y avait pas songé plus tôt. Ces mystérieux ludim ou ludaï, où les uns ont vu les Lydiens, d'autres les habitants de Lydda, qualifiés d'anthropophages pour la circonstance, seraient tout simplement les jeux de gladiateurs, les ludi romains. On comprend dès lors pourquoi les rabbins hésitaient à permettre le rachat du juif qui s'était volontairement vendu aux ludim : il avait trafiqué de. sa vie en pleine connaissance de cause; à lui de subir les conséquences de son marché. Heureusement, si le droit pur dictait cette solution rigoureuse, la jurisprudence charitable intervenait dans la pratique pour l'atténuer 2. M. Sidon, M. Furst, M. Isidore Loeb ont traité différents points relatifs â la langue du Talmud, à sa rédaction, à sa division pendant le moyen âge 3. M. Israël Lévi, notre fablier attitré, continue l'exploration de Yagada, et l'éclairé par de piquants rapprochements avec les contes populaires des autres littératures. « Les prétendues extravagances des rabbins, dit très bien notre collaborateur, s'expliquent par d'autres extravagances qui appartiennent à toutes les latitudes. » Et les exemples arrivent en foule â l'appui. Ici c'est Abisaï, averti du danger que court son frère d'armes David par. des taches de sang qui apparaissent dans l'eau; là c'est Salomon, qui, un jour, au sortir du bain, voit son trône occupé par un Sosie : méconnu de ses serviteurs, repoussé, humilié, battu, le pauvre roi 1 Loew, compte rendu du Dictionnaire de Jastrow, ÏÏevue9HL\I9 134. * Jastrow, Les ludim ou ludaï,, XVII, 308. Du même : Scènes de chasse dans le Talmud, XVII, 146 {gdurqri serait le grec xsxpu^cAoç?). 3 Fûrst, Les interprétations d'AMba et d'Ismaèï sur Nombres, V, 28; Bévue, XVII, 143 (l'explication littérale et sensée d'Ismaël a été altérée sous l'influence victorieuse de l'école d'Akiba, qui cherchait à tirer un sens profond des moindres particules du texte sacré). — Sidon, Sens et origine de la dénomination Sem hamphorash, XVII, 239 (signifie le nom divin exprimé', c'est-à-dire révélé au Sinaï). — I. Loeb, Les 4 sedarim du Talmud, XVI, 282 (on ne - comptait pas les deux ordres qui n'ont pas dé guémara dans le Talmud de Babylone)..