Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1888
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXXV (sequence 3)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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RAPPORT SUR LES PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ CCCXXV Études juives son cachet personnel. Nul n'a voulu plus fermement, nul n'a dit plus clairement que lui ce que la Revue devait être et ce qu'elle a été en effet : un organe purement scientifique, ne connaissant d'autre but et d'autre guide que la vérité, et servant par cela même les intérêts durables du judaïsme d'une manière plus efficace que toutes les œuvres de propagande ou d'apologie. Darmesteter comprenait la Revue à sa propre image : très savante, très juive et très française. C'est ainsi qu'elle est sortie de ses mains et des nôtres, c'est en lui conservant ce caractère que nous honorerons la mémoire de notre ami, mieux que par des larmes qui ne le rendront pas à notre affection, ou par des louanges, qui, si méritées qu'elles soient, semblent alarmer sa modestie jusque dans sa tombe. I Il est temps, messieurs, de détourner mes regards de nos chfers morts pour remercier les vivants qui continuent si dignement leur œuvre. La neuvième année de notre recueil nous a apporté, comme les précédentes, son contingent d'utiles et curieuses publications. Passons-les en revue, comme à l'ordinaire, suivant l'ordre chronologique. La période biblique, la plus intéressante pourtant de notre sujet, continue à-être la plus négligée. L'appel que j'adressais l'année dernière à nos collaborateurs, à l'occasion de Y Histoire d'Israël de M. Renan, n'a pas été entendu : pour quelle raison, je l'ignore, ou plutôt cela mventraînerait trop loin de la rechercher; toujours estil qu'à côté des immenses travaux, parfois si hasardés, qu'accomplit sans cesse l'exégèse protestante des deux côtés des "Vosges, l'abstention volontaire des savants juifs en cette matière est pour beaucoup un sujet d'étonnement, je dirai presque de scandale; un peu plus, les mauvais plaisants pourront répéter de nos Bibles ce que Voltaire disait des poèmes sacrés de son ennemi intime, Lefranc de Pompignan : Sacrés ils sont, car personne n'y touche!