Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1888
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXXIV (sequence 2)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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CGGXXIV ACTES ET CONFÉRENCES prononçait sur notre œuvre à notre première réunion, voici maintenant dix ans — il me semble que c'était hier! — cette bénédiction fut pour nous le plus précieux des encouragements; et j'ose dire qu'elle nous a porté bonheur. La présence dans notre Conseil du chef spirituel, — deux fois spirituel, — du judaïsme français n'étaitelle pas, en effet, la réponse la plus éloquente aux scrupules de quelques consciences ou trop timides ou trop zélées? N'a-t-elle pas achevé de rallier à notre œuvre naissante ceux qu'inquiétait àe prime abord soit notre constitution sr largement libérale, soit notre programme, .si étroitement scientifique? Quant à notre cher Arsène Darmesteter, comment exprimer en quelques mots tout ce que nous devons à-cette nature d'élite, qui, par un rare privilège, paraissait toute lumière quand on s'adressait à son intelligence, et toute flamme quand on pariait à son cœur? Ce serait définir d'une façon bien incomplète la part de Darmesteter dans l'origine et les progrès de notre Revue que de rappeler simplement les titres des savants mémoires dont il a enrichi nos premiers volumes. C'est à lui que nous devons cette édition nouvelle et définitive de la fameuse élégie du Vatican, sa plus belle trouvaille, chef-d'œuvre de poésie humble et touchante, écrite avec des larmes, exhumée de la cendre d'un bûcher; c'est à lui que nous devons une étude pénétrante sur les inscriptions romaines relatives aux guerres de Judée, qu'on dirait l'œuvre d'un épigraphiste de profession, et non d'un romaniste doublé d'un hébraïsant. Que dire de cette collaboration anonyme et discrète de Darmesteter à tant de travaux signés d'autres noms, mais qui lui devaient ou Pidée première, ou de précieux éclaircissements de détail: car jamais,—j'en atteste ici tous ceux qui l'ont connu — jamais on n'a fait inutilement appel à cette complaisance aussi inépuisable que sa science elle-même. Mais* messieurs, plus encore que par son concours littéraire, officiel ou officieux, c'est par son action personnelle au début de notre œuvre, c'est par son influence comme vice-président de notre Société et comme président du Comité de?publication, que notre regretté ami, ainsi que le rappelait si justement M. Zadoc Kahn au pied de sa tombe, a su imprimer en quelque sorte à la Bévue des