Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le panthéisme oriental et le monothéisme hébreu
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXXI (sequence 10)
- Language
- French
- Belongs to
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LE PANTHÉISME ORIENTAL ET LE MONOTHÉISME HÉBREU CGGXXl de Beccaria et de la Eévolution de 1789. Aucun des quatre supplices autorisés par le Code hébraïque contre les plus grands criminels n'égale, même de loin, celui qui fut infligé à La Barre et à Damien. Le fond spirituel du monothéisme hébreu, une fois dégagé des faits matériels ^ui le contredisent et le déshonorent, nous avons devant nous ce qu'il y a de plus pur et de plus universel dans le monothéisme chrétien, ce que le héros des récits évangéliques a luimême résumé dans ces mots : « Aime Dieu par-dessus toutes choses et ton prochain comme toi-même. » Le judaïsme et le christianisme, ou pour les appeler de leurs vrais noms, la religipn biblique et lai religion évangélique, diffèrent cependant et différeront toujours Tune de l'autre sur un point capital. La première a un caractère pratique, un esprit de mesure et de modération dont elle ne se départira jamais, auquel elle emprunte son originalité et sa force. La seconde aune tendance marquée versle mysticisme et les élans de l'âme, de nobles élans qui ne sont-'pas toujours d'accord avec les exigences de la vie, de la société et de la famille-. En. voici un exemple frappant entre tous. La religion biblique, ce qu'on oublie trop facilement, recommande le pardon des injures et veut qu'on se porte au secours de son ennemi. « Si tu vois l'âne ou le bœuf de ton ennemi succombant sous son fardeau, aidelui à le relever. » L'Évangile prescrit de tendre la joue gauche après qu'on a été frappé sur la joue droite. Je ne fais pas la critique de ce commandement, je ne demande pas s'il est possible ou utile de s'y conformer; je me borne à signaler la différence qui le sépare de la loi biblique. Voici un autre exemple. La religion biblique vénère par-dessus tout la famille; elle prescrit d'honorer son père et sa mère, de vivre en bonne harmonie avecsa femme et ses enfants. L'Evangile recommande de quitter tout, femme, enfans, père, mère, mari, pour s'attacher uniquement à Dieu. Là encore, je m'abstiens de toute critique et me borne à signaler la différence qui a fait naître d'une part les institutions monastiques et de l'autre le culte de la famille. Faut-il vous l'avouer? J'admire les sainte Thérèse et les sainte Catherine de Sienne, j'admire surtout etj'aimeles saintes filles Saint-Vincent-de-Paul qu'on a si brutalement chassées des asiles de ACT. ET GONF., T. ï. 24