Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le panthéisme oriental et le monothéisme hébreu
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXX (sequence 9)
- Language
- French
- Belongs to
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CCCXX ACTES ET CONFÉRENCES je craindrais de leur ressembler en manquant, comme eux, de charité et de justice. On ne peut pas dire non plus que le code sacré des Hébreux ait oublié de prescrire l'amour de Dieu, <c Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu Jéhovah (je déteste ce nom de Javeh qui répond à une prononciation tout à fait arbitraire), tu aimeras ton Dieu Jéhovah de tout ton cœur, dç toute ton' âme et de toutes tes forces. » — « Soyez saints comme Jéhovah votre Dieu. » C'est ce que Platon et Pythagore ont appelé l'imitation de Dieu. Mais il y a une condition sans laquelle le monothéisme biblique sera difficilement compris et facilement calomnié : c'est que les lois qu'il donne à la conscience ét les dogmes qu'il impose à la raison, lois immuables et absolues, dogmes éternels, ne soient point confondus avec les lois positives d'un État déterminé ni avec les opinions particulières, encore moins avec les actions et les mœurs de de tel ou tel personnage. En d'autres termes, il faut que le domaine de la morale et de la religion soit nettement séparé de celui de la politique et de l'histoire. Par exemple, qui oserait soutenir que les faits et gestes d'un Louis XI, d'un Charles IX, d'un Philippe II d'Espagne ou d'un Richard III d'Angleterre soient l'expression fidèle du christianisme ou que l'on trouvera l'esprit chrétien dans les lois pénales ou le droit de la guerre tels qu'ils ont existé en Europe jusqu'au milieu de ce siècle et tels qu'ils existent encore presque partout? On commet la même confusion quand on croit voir le monothéisme juif en action dans la politique des rois dé Judée et d'Israël même dun David et d'un Salomon, ou dans la manière dont la Palestine a été conquise par Josué. Les lois civiles qui autorisent le divorce et la polygamie n'ont rien de commun avec l'union d'un seul homme et d'une seule femme que la Genèse nous présente comme l'idéal du mariage, ou avec le portrait de la femme forte, c'est- à-dire de la vertueuse maîtresse de maison que nous admirons dans le livre des Proverbes. Il sera également permis de faire des réserves sur les loi$ criminelles du peuple hébreu; et cependant, dans cette partie de sa législation, on ne trouvera rieft de comparable à la torture, à la question ordinaire et extraordinaire, consacrée par la jurisprudence de tous les peuples européens jusqu'à l'avènement