Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le panthéisme oriental et le monothéisme hébreu
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXXII (sequence 11)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
- OCR quality
- 66% known words query
- IRI
…/1099854-5241368--361-1100183- Visual Library
- page viewer of the UB Frankfurt
OCR text
CCCXXll ACTES ET CONFÉRENCES de la maladie et de la souffrance. Si cela dépendait de moi, je les y rappelerais à l'instant et je réparerais l'injustice dont elles sont les victimes, ,au grand détriment des malheureux. Mais les vertus pratiquées dans le foyer de la famille ont aussi leur sainteté et sont d'un usage plus général. La femme forte des Proverbes, dont je parlais tout à l'heure, est levée dès l'aube afin de pourvoir aux besoins de la maison; elle ne permet pas qu'on mange chez elle « le pain de l'oisiveté »; mais elle a la main tendue vers le pauvre, et sait lui adresser des paroles de grâce. Le rôle reconnu à cette vertueuse, à cette sainte mère de famille, nous explique pourquoi les fidèles adeptes dè la religion biblique goûtent médiocrement les paroles de miséricorde que Jésus adresse à la femme adultère. On leur pardonnera leur rigueur quand on songera que la femme adultère est devenue presque ia seule héroïne <^es abominables romans qui souillent aujourd'hui les. esprits et les cœurs et qui déshonorent à l'étranger la littérature frapçaise. Pour les Jiommes dé la Bible, la femme est responsable de se3 actions aussjj. bien que l'homme et doit être, comme lui, punie de ses fautes. Il y a une maxime indienne d'après laquelle « il ne faut pas japper, même avec une fleur, une femme coupable de mille fautes ». Poijrquoi cela? Parce que, dans l'opinion du législateur in^en, comme dans celle de notre Michelet, la femme est sans responsabi- ' i ' . » . > l « ■ < L>' * 2 i lité. Je soutiens qu'on ne peut rien .dire ni* rien penser s^ir son , compte qui lui soit un plus sanglant outrage. Ce sont précisément ces dissemblances, nées d'un fond de vérités* identiques, qui nous rendent compte de la persistance invincible du monothéisme biblique au milieu du mon^e chrétien, au pjli?u de j^. société européenne, en face des révolution^ qui ^ass^nt pé^odiquëment sur la terre. Il n'y a là ni obstination aveugle çTune race, m malédiction divine, m^is un fait historique qui porte sa cause en luimême et qui honore la nature humaine. L'obstination et Taveugleu ,? ,, t. ' ii . ° -- ment existent dans l'esprit de ceux qui^?ou^ quelque symbole <te foj. qu'ils se rangent, manguept de justice et de charité.