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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1889-01-01 · 4 (1889) · p. Seite CCCXIX

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
4 (1889)
Article
Le panthéisme oriental et le monothéisme hébreu
Date
1889-01-01
Page
Seite CCCXIX (sequence 8)
Language
French
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LE PANTHÉISME ORIENTAL ET LE MONOTHÉISME HÉBREU GCCXIX et n'obéit qu'aux seules lois d'une inexorable fatalité. C'est-lui qui a créé l'univers, parce qu'il est libre et bon, parce que sa volonté toute puissante ne relève que d'une intelligence éternelle comme lui. Il est, selon la belle expression de l'Ecriture, « le Dieu vivant ». Dieii n'a pas créé l'homme comme il a créé le monde : il l'a créé libre et intelligent, et pâr là même, il l'a placé à une distance incomparable au-dessus de l'animalité; car la raison et la liberté sont étrangères à l'animal, qui ne connaît que l'instinct et ignore le progrès. îW la raison et la liberté, l'homme est initié à la loi du devoir, car il lui ést ordonné de né pas descendre au-dessous de sa nature, de ne pas corrompre sa voie, comme le dit encore TÉcriture dans son magnifique langage. Par le devoir, éternelle loi dé Dieu et loi universelle, l'homme est digne de respect et d'amour, et, ces deux sentiments, très différents de là pitié enseignée par le Bouddha et lé pessimisme moderne, il ïès doit non seulement à lui-même, mais à ses semblables, considérés individuellement et en masse : il les doit à l'humanité. Oui, c'est le monothéisme hébreu qui, non content de promulguer la loi de justice sous la formé du Décalcgue, forme éternelle et immuable, a aussi promulgué la loi d'amour" dans cette maxime également éternelle : ce Aime ton prochain comme toi-même. » Afin qu'on ne puisse douter du sens universel de ces mots, le législateur hébreu prend soin d'ajouter : « Aime l'Egyptièii, car tu as été étrangei* en Egypte; aime l'étranger comme toi-même. » Et, d'ailleurs, les grands prophètes, tout partictilièrément ïsaïe, n'ont-ils pas prédit que la guerre cessera d'exister entre les hommes, et que l'hu-rmanitfé, descendue d'un même père et d'une même mère, ne formera 'dans l'avenir qu'un seul peuple, qu'une seule famille, qu'une.seule religion? Ah! que nous sommes loin de l'accomplissement de cette prédiction! Qui donc a osé écrire que le genre humain ne doit rien à la race hébraïque, que cette race, emprisonnée dans son égoïsme et dans le eulté dé la matière, n'a jàînais connu là charité, n'a jamais eu le sentiment de l'idéal et du progrès î Ceux qui ont tenu ou qui tiennent éneoré ce langage, je ne veux pas me rappeler leurs noms, car

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