Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 4 (1889)
- Article
- Le panthéisme oriental et le monothéisme hébreu
- Date
- 1889-01-01
- Page
- Seite CCCXVIII (sequence 7)
- Language
- French
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CGCXV1II ACTES ET CONFÉRENCES être fier de les avoir dans le cœur et sur les lèvres. C'est en les prononçant uvec énergie que dés martyrs sans nombre, hommes, femmes, enfants, sônt montés sur les bûchers que dressaient pour eux, pondant line longue suite de siècles, des bourreaux qui blasphémaiënt le nom de Dieu et déshonoraient celui de la charité. Cependant, au moment où nous nous préparons à célébrer le centenaire de 1789, de cotte Révolution qui a proclamé les droits de la conscience et qui s'imposera toujours au respect du monde tant qu'elle échappera aux usurpations des jacobins, des communards et des césars; dans ce moment même nous assistons à une renaissance de passions antisémitiquès, pendant laquelle on Ose écrirë que le péuple hébreu, que la race hébraïque, dans toute la durée de son existence, n'a jamâis rien fait poiir la civilisation, pour l'avancement moral et religieux du genre humain. Comment donc! On est allé jusqu'à soutenir que les vices et lès crimes que sa loi punit avec le plus de rigueur, sont précisément ceux dont elle était souillée : comme si les turpitudes prévues "èt frappées par le Code pénal nous représentaient la viè habituelle, l'état général du peuple français. C'est perdre sa peine que de répondre à cela. J'aimè mieux qu'on accuse lé monothéisme lui-même d'être én contradiction avec la science. Par cette accusation, Ton avoue indirectement qu'il y a une certaine scietice indigne de son nom, qui n'est qu'Un outrage à la raison : c'est celle qui,' au lieu de faire monter, comme elle's'en vanté, l'animalité jusqu'à l'homme, fait rentrer l'homme dans l'animalité. C'est le système de l'évolution entendu à rebours; et, pour "vous dire toute ma pensée, je crains bien qu'il ne puisse pas être entendu autrement. L'évôlutiOnnisme, au fond, n'est que la muta indienne, une métamorphose éternelle et perpétuelle, une des conséquences nécessaires du panthéisme. Voyons maintenant ce que le monothéisme hébreu, quand on le considère, non pas à son début ou dans les plus obscures périodes de son histoire, mais dans son plein développement, dans le3 passages les plus Solennels du Pentateilque ët des prophètes, renferme de vérités morales et religieuses. En voici la rapide énumératioh : Dieu n'est pas la substance inconsciente et indifférente qui se cache sous les phénomènes dé l'Univers, qui n'aime, ni ne hait, iiine pense