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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1889-01-01 · 4 (1889) · p. Seite CCCXVII

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
4 (1889)
Article
Le panthéisme oriental et le monothéisme hébreu
Date
1889-01-01
Page
Seite CCCXVII (sequence 6)
Language
French
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LE PANTHÉISME ORIENTAL ET LE MONOTHÉISME HÉBREU CCCXVII pour tous ceux que la mort, non seulement la mort physique, mais la mort intellectuelle a laissés debout! De là dérive toute la morale du bouddhisme. Toutes ses vertus ne sont qu'une variante de la pitié. Pourquoi faire le mal? Pourquoi tuer, voler, mentir, exercer la vengeance? Ceux que nous voulons faire souffrir souffrent bien assez. Les avantages que nous croyons nous procurer à leurs dépens ne font qu'ajouter à nos douleurs. Satisfaire nos passions est un sûr moyen d'irriter ou d'accroître notre supplice. Le bouddhisme, qui de l'Inde a passé dans le Thibet et dans la Chine, règne, à ce qu'on assure, sur une population de quatre à cinq cent, millions d'âmes. Ne règne-t-il qu'en Orient? Ce serait une grande erreur de le croire. Un peu avant le milieu de notre siècle, le philosophe allemand Schopenhauer l'a introduit dans une portionnotable des classes cultivées de la société européenne; car ce qu'on appelle lepessimisme n'est pas autre chose que la doctrine du Bouddha. Le mal qu'a déjà fait le pessimisme, je n'ai pas besoin de tous le signaler. C'est lui qui empoisonne notre littérature et nos moeurs, qui brise nos courages, énerve nos meilleurs instincts, nous "laisse presque indifférents entre la liberté et un immonde césarisme. Quel a été, dés la plus haute antiquité, l'adversaire du bouddhisme, même avant qu'il fût né, je veux dire avant qu'il fût sorti de sa gangue polythéiste? Quel est, dans le temps présent, depuis qu'il s'est transformé en pessimisme, son contradicteur le plus ardent et aussi le plus puissant, parce qu'il parle au cœur autant qu'à la raison, parce qu'il joint à l'autorité de son enseignement celledes siècles qu'il a traversés? C'est la foi ea un Dieu libre et créa- . teur, auteur de la liberté de l'homme et de son âme intelligente, en même temps que des forces aveugles de la nature et des sphères enflammées seméespar milliards dans l'espace. C'est cette foi qui a reçu, dans la langue philosophique, le nom de monothéisme. Le monothéisme a été la religion du peuple hébreu bien des siècles avant de devenir celle du christianisme et des peuples les plus éclairés du monde : «. Écoute, Israël : l'Éternel notre Dieu est le Dieu un », telles sont les paroles sublimes qui en forment le Credo et dont l'équivalent se reconnaît à peine dans les conversations de Socrate avec ses discipleset dans les Dialogues de Platon. On peut

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