Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Le livre d'Esther et le palais d'Assuérus
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCLXXXII (sequence 18)
- Language
- French
- Belongs to
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CGLXXX1I ACTES Eï CONFÉRENCES l'antiquité. Sous le bénéfice exprès de cette réserve, j'assimilerai la maison du roi aux appartements privés, la maison de la royauté au cabinet de travail, et le Mtan, ou apadâna, à la salle du trône d'un souverain moderne. Le chroniqueur est si précis, il est si bien pénétré de son double rôle d*annaliste et de cicérone, quTon ne saurait s'égarer eh sa compagnie. Précis, il Test au point de se complaire dans les particularités topographiques les plus étrangères à son récit. Nous ne saurions trop nous en féliciter, car Fauteur de la megMllah connaît aussi bien le palais de Suse que le cérémonial de la cour achéménide, et profite de tous les incidents pour faire étalage de sa science. Raconte-t-il la démarche de la reine auprès d'Àkhachvéroch, il spécifie qu'Esther vint dans la cour de la maison du roi, celle qui est à l'Mérieur, afin de bien prouver qu'il a présentes à la mémoire les positions relatives et les communications du harem et de la maison du roi. Nous montre-t-il Haman piétinant dès, l'aurore devant la demeure de son maître, il l'arrête à l'entrée particulière de la maison du roi. Le favori habite la ville; il a franchi, grâce à sa haute situation, la porte de l'enceinte générale, le chaar du roi, mais ne peut pénétrer plus avant, san3 être mandé par le souverain. Le chroniqueur résume la situation par un seul qualificatif : « et Haman viht dans la cour de la maison du roi, Y extérieure. » Cette cour extérieure de la maison du roi n'est autre que la place d'armes de l'acropole susienne, comprise entre la porte fortifiée du hiroun, les murs de la citadelle et l'escalier de l'apadâna. Comme dans le palais d'Àkhachvéroch, elle est en communication directe avec la grande porte de l'enceinte générale, ou chaar du roi. A4-on remarqué qu'il n'est jamais question du bitan, ou apadàna, séparé de la demeure des monarques susiens par l'immense quartier réservé aux femmes, tant que l'annaliste parcourt la maison du roi? Mais pénètre-t-on dans l'appartement d'Esther, on sent aussitôt le voisinage du ditan et des jardins dont les extrêmes ramures ombrageaient les constructions occidentales du harem. « ♦.. Et le roi se leva, dans sa colère, du festin de vin (offert par