Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Le livre d'Esther et le palais d'Assuérus
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCLXXVIII (sequence 14)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
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- IRI
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ÇGLXXVJ1I ACTES JÊT CONFÉRENCES Ce sont des analogies trop étranges pour être fortuites, analogies si particulières que les palais perses de Persépolis, de Pârsagade ou de Firouz-Abâd, de Hatra, de Ctésiphon et d'Eïvan-Kerkha, qu'ils soient construits sous les Achéménides, les Parthes ou ïes Sassanides, ne répondent pas dans leur ensemble à la description du bitan d'Akhachvéroch. ..Pendant qu'Esther grandissait en gloire et en puissance, c Mordekhaï s'asseyait..... à la porte de l'enceinte royale. Deux eunuques, Bigthan et Therch, commis à la garde du seuil, se prirent de colère contre Akhachvéroch et résolurent d'attenter à sa vie ». Mordekhaï, informé de la conspiration, prévint la reine Esther, qui dénonça les eunuques au nom de son oncle. Bigthan et Therch, interrogés sur l'heure, furent reconnus coupables et pendus. On consigna la relation du complot dans les chroniques royales. Un grand nombre d'exégètes ont cru reconnaître dans le mot hébreu Chctar (littéralement porte d'une enceinte, opposé à pètah^ porte d'une chambre) l'idée de palais et ont traduit la * première phrase du verset précité : « Mordekhaï s'installait dans le palais du roi... » Je m'en tiens de préférence au sens littéral, d'accord avec les mœurs de la Perse et l'allure générale de l'ouvrage. A quel titre un Juif et un Juif inconnu, car Mordekhaï cachait sa parenté avec la reine, se serait-il introduit et installé dans la demeure du souverain? * » Cette interprétation est d'autant plus inutile qu'elle nuit à la vraisemblance sans profit pour l'action. Les conspirateurs ne sontils pas qualifiés gardiens du seuil? La suite du récit confirme d'ailleurs ma manière de voir. Quand Mordekhaï se voit refuser le chaar du toiy où passe-t-il la journée? Sur la place de la ville qui précède l'entrée de la forteresse, et « il allait jusqu'en face le'chaar du roi, car il n'était pas permis de s'asaeoir au chaar du roi en habit de sac »; cela signifie que, faute de pouvoir s'asseoir sous le chaar du roi, c'est-à-dire sous la grande porte de l'enceinte, il se rapprochait de pe lieu d'élection autant que ses vêtements de deuil le.lui permettaient. Il ne peut être question de l'intérieur du palais dans ce dernier membre de phrase — tous les commentateurs s'accordent à le reconnaître, — mais alors,