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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1888-01-01 · 3 (1888) · p. Seite CCLXX

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
3 (1888)
Article
Le livre d'Esther et le palais d'Assuérus
Date
1888-01-01
Page
Seite CCLXX (sequence 6)
Language
French
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CCLXX ACTES ET CONFÉRENCES Fat-Aly-Chah se rendait à Chiraz} à la téte d'une partie de son armée. La caravane royale, surprise dans une gorge profonde par une tourmente de neige, ne tarde pas à manquer de vivres. Le3 généraux informent le Chah de l'état de ses troupes et lui demandent avec instance Tordre de lever le camp. Celui-ci refuse, argue des périls de la route et remet le départ au jour précis où la neige aura disparu d'un pic voisin. La famine sévit sur l'escorte déjà décimée parle froid. Chefs et soldats mourraient jusques au dernier que le souverain ne modifierait pas ses premiers ordres. Les courtisans en sont si intimement persuadés qu'au lieu d'importuner leur maître de doléances vaines, ils acheminent les hommes valides vers la montagne, font déblayer en une nuit le rocher que le roi avait désigné et, le matin venu, réclament de Fat-Àly-Chah stupéfait l'ordre de départ. La neige était toujours épaisse, les chemins toujours dangereux, mais le roi pouvait céder sans porter atteinte à son infaillibilité. Aga Mohammed, prédécesseur de Fat-Aly-Chah, mourut victime du même dogme. Le fondateur de la dynastie Kadjar réglait tous les. vendredis matin le service des officiers qui l'entouraient. L'armée persane était campée dans les environs d'Erivan, quand une querelle éclata entre deux ferrachs assis auprès de la tente royale. On leur intima l'ordre de se taire; la dispute s'envenima. — Qu'on le3 tue à l'instant, ordonna le Chah. *— C'est vendredi, firent observer les courtisans. Et la décolation fut remise au lendemain. Le tour de garde appelait les deux condamnés à, veiller le monarque dans la nuit du vendredi au samedi. L'ordre était proclamé irrévocable. Il fut exécuté, mais vers minuit, les deux ferrachs profitèrent du sommeil d'Àga Mohammed, assassinèrent leur maître et s'enfuirent. Maçoudi de son côté raconte la légende suivante : Le roi Hirati, dans une nuit d'orgie, avait fait tuer deux fidèles courtisans. ïl leur ût élever un mausolée somptueux et ordonna à tous ses sujets de saluer en passant la tombe de ses amis. Faute de s'incliner profondément, on était pendu haut et court,

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