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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1888-01-01 · 3 (1888) · p. Seite CCLXIX

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
3 (1888)
Article
Le livre d'Esther et le palais d'Assuérus
Date
1888-01-01
Page
Seite CCLXIX (sequence 5)
Language
French
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LE LIVRE D'ESTHER ET LE PALAIS D'ASSUÉRUS CCLXIX , Cette nouvelle interprétation aurait le triple avantage de satisfaire la grammaire, l'histoire et le* bon sens, car il est inadmissible qu'un juif perse qui écrivait à Suse sous les derniers aebéménides, — comme'je me réserve de le montrer, — ait employé un mot perse inintelligible et pourtant accepté de ses coreligionnaires perses. . *.. .11 reste à expliquer le délai de près d'une année qui" s'écoule entre le mois de Nisan, où la condamnation des Juifs a été publiée, et le 13 Adâr, jour fixé pour leur massacre, puis encore l'énorme butin que " se promettait Haman après l'anéantissement de ses ennemis, l'autorisation donnée aux Hébreux de se ruer sur les Perses et la terrible vengeance tirée par les Juifs de leurs oppresseurs. L'exégèse allemande confesse ne pas comprendre le but d'Haman quand il promulgue les ordres d'exécution onze mois à l'avance, et met au compte de l'imagination du romancier cet avis prématuré. Je me'demande, d'autre part, l'intérêt que pouvait avoir l'auteur à conter un détail superflu, s'il n'eût été historique. *J Je m'illusionne peut-être, mais jamais problème ne me sembla plus facile à résoudre. Haman consulte le Pour; le dé parle et fixe au 13 Adar l'exécution des Juifs. Une occasion favorable se présente, le favori la saisit, arrache au roi son assentiment, s'empresse de sceller les firmans et de les expédier aux satrapes, car les ordres scellés et publiés deviennent ^irrévocables. Les princes sont oublieux et fantasques, Haman en avait dû faire bien des fois l'expérience. Au demeurant, il n'importe guère au premier ministre que les Juifs soient prévenus de leur sort quelques jours ou quelques mois trop tôt. Désormais le but est atteint, la vengeance viendra à son heure, les victimes du favori ne peuvent espérer en aucun secours humain. Le dogme de l'infaillibilité est le corollaire fatal de la puissance souveraine et quasi divine du véritable autocrate. Qui se rétracte s'est trompé. L'histoire de Perse prouve que les Ghaincbahs ne connurent jamais cette faiblesse. Deux exemples entre mille; ils ont le mérite d'être récents.

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