Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Le livre d'Esther et le palais d'Assuérus
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCLXVII (sequence 3)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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LE LIVRE D'ESTHER ET LE PALAIS D'ASSUÉRUS CGLXVII livre d'Esther dans le recueil des annales sacrées, et, s'il a forcé l'entrée de la Bible chrétienne, c'est que, sous l'histoire d'Akhaehvéroch et de la reine, on a trouvé un symbole de l'union du Christ et de son église. Aujourd'hui chrétiens et israélites adoptent le livre d'Esther dans son intégrité. Les rationalistes, hien que divisés sur l'origine de la fête, considèrent tous la meghillah comme une œuvre de pure imagination postérieure aux Achéménides et sans aucun lien avec l'histoire. Quelles sont les critiques dirigées contre le livre d'Esther? D'abord et surtout le nom de la fête dont il célèbre l'origine : Pour, d'où pourîm, n est pas un mot perse, argue l'école rationaliste, et ne signifie sort, comme le prétend la Bible, dans aucune langue, ni dans aucun dialecte connu. Il serait plus exact de prétendre que pour n'apparaît pas dans le lexique très restreint composé d'après les inscriptions achéménides de Bi3Soutoun, Nakchè-Roiîstem et Per^épolis, car le mot considéré en lui-même, est une des racines les mieux connues et les plus fixes, des langues aryennes. Par en sanscrit, por en persan, plere en latin, en français, répondent à la même idée et communiquent le même sens à leurs dérivés. Ce sens est-il applicable à la désignation de la fête? mieux que tout autre à mon .avis. J'emprunte à la Bible elle-même la traduction du mot pour. Avant d'immoler les Juifs à sa vengeance, Haman demande aux devins de fixer le jour du massacre. « Le premier mois, qui est le mois-de Nisan, de la douzième année du roi Akbachvéroch, on jeta le pour, (test-à-clire le sort, en présence de Haman jour pour jour, mois pour mois (jusqu'au treizième jour) du douzième mois, qui est le mois d'Adar. » La phrase ne présente aucune obscurité, si l'on tient au sens littéral. Il s'agit d'un instrument fatidique nommé pour en langue perse, qu'on jetait devant toute personne désireuse de prendre l'avis du destin. Tue pour rendait sans doute ses oracles par oui et par non. Comme l'éphod, comme les dieux égyptiens, il devait répondre à des questions bien déterminées, posées en quelque sorte d'une façon dichotomique. « Les Juifs seront-ils massacrés le premier jour du