Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l´année 1887
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCL (sequence 7)
- Language
- French
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- IRI
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CGL ACTES ET CONFÉRENCES Ces idées générales nous permettent de comprendre pourquoi, si le Palestinien Josèphe a le mieux décrit l'aspect extérieur, le corps de l'Essénisme, c'est l'Alexandrin Philon qui en a le mieux saisi l'esprit. Elles nous expliquent aussi pourquoi l'Essénisme .s'évanouit à la fin du icr siècle, sans laisser de trace apparente. Le gros des membres de la secte, qui avaient pris part aux révoltes des patriotes juifs contre Eome, y trouva la mort; la doctrine eSSénienne, par l'intermédiaire de saint Jean-Baptiste, reçut droit de cité dans le christianisme; quelques dogmes isolés, comme l'àngélologie et les spéculations métaphysiques, furent même adoptés par le Talmud et la Cabbale. L'Essénisme avait accompli son œuvre : il pouvait disparaître, semblable à ces belles agavés qui s'étiolent et meurent soudain du jour qu'elles ont porté une fleur. III Je franchis d'un seul bond un intervalle de" douze siècles pour arriver aux juifs du moyen âge et des temps modernes. La France, l'Espagne, l'Allemagne et la Galicie se sont partagé cette année l'attention de nos collaborateurs. M. Lazard nous a donné un très substantiel article sur les revenus tirés des juifs du domaine royal au xnie siècle *. Ces revenus, divisés en ordinairès et en extraordinaires, étaient prélevés sous les noms et les prétextes les plus divers : cens, amendes, droit de sceau, droit de rouelle, droit de vin, etc. Les modes de perception ne sont pas moins variables que les taxes elles-mêmes. Quant aux chiffres, ils ne nous apprendraient pas grand'chose, car il est difficile, sinon impossible, de déterminer la valeur relative de l'argent au xme siècle et au xixe; il suffit de savoir que cette source de revenus était très considérable, que le roi de France « achetait y> constamment des Juifs, suivant l'odieux terme çon- 1 Lazard, Les revenus tirés des Juifs de France dans le domaine royal, au xm* siècle, XV, 233.