Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 3 (1888)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l´année 1887
- Date
- 1888-01-01
- Page
- Seite CCXLIX (sequence 6)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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RAPPORT SUR LES PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ CCXL1X lettres sémitiques; si cette brillante conjecture se vérifiait définitivement, notre collaborateur aurait le mérite d'avoir fixé la date de la dynastie des Esehmounâzar; déjà d'ailleurs, M. Clermont-Ganneau avait placé cette dynastie à l'époque ptolémàïque, et non aehéménide. II L'histoire du second temple ne nous a fourni cette année qu'un seul mémoire, mais ce mémoire est de M. Friedlânder, à qui nous •devons déjà tant de pages instructives sur les rapports du judaïsme avec le christianisme naissant1. Cette fois, il a pris pour sujet la question des Essèniens, ' c'est-à-dire de cette secte juive si mal connue, mais aux idées si originales et aux coutumes si particulières, dont on devine plutôt qu'on ne constate positivement l'influence décisive sur les origines chrétiennes. Deux opinions sont en présence touchant le caractère de l'essénisme : les uns en font une secte purement juive, identique aux Hassidim^ un simple rameau des pharisiens; les autres lui attribuent une origine exotique et "y démêlent des influences pythagoriciennes, perses, voire même boudhiques. M. Friedlânder prend nettement parti pour cette seconde opinion, mais il y apporte la modération et la critique auxquelles il nous a habitués. Sans se perdre dans le dédale confus des origines lointaines, il s'en tient à la provenance directe, immédiate; il montre que l'essénisme, pénétré comme-il est d'idées helléniques, n1a pu naître que sur le terrain où le judaïsme et l'hellénisme ont cherché à fusionner pour la première fois, c'est-à-dire à Alexandrie. L'essénisme est un produit alexandrin transporté sur le sol palestinien; seulement, ce qui distingue les Esséniens des autres juifs hellénisants, c'est-que, tout en s'imprégnant de philosophie grecque, ils sont restés profondément juifs de mœurs et de sentiments, et n'ont pas mérité d'être enveloppés dans la ruine du parti hellénisant à la suite de la réaction macchabéenne. * Friedlânder, Les JSsséniens, XIV, 184. ACT. BT CONF., T. I. 49