Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La Syrie avant l'invasion des hébreux d'après les monuments egyptiens
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CLXIX (sequence 6)
- Language
- French
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LA SYRIE AVANT L'INVASION DES HÉBREUX CLXIX siècle avant l'ère chrétienne, les princes de la xvme dynastie, après avoir chassé les Hyksos du Delta, les poursuivirent en Syrie. Thoutmos Ier poussa des reconnaissances jusqu'à l'Euphrate; son fils, Thoutmos III. plaça la contrée entière sous la suzeraineté de l'Egypte. Il ne faut point se représenter une conquête analogue à la conquête romaine, ni un empire organisé comme le fut plus tard celui des Césars, mais des courses rapides, des razzias perpétuelles entremêlées de quelques grandes batailles, des sièges, des escarmouches, des pillages de villes. Les bandes égyptiennes, bien disciplinées et vigoureusement commandées, n'avaient pas trop de peine à triompher en rase campagne, mais le pays était couvert d'innombrables forteresses qu'elles s'usaient à prendre d'année en année. Chacune d'elles avait son chef, indépendant du voisin et tributaire de Pharaon, mais tributaire mécontent et toujours prêt à la révolte. Il ne se passait guère de mois que l'un d'eux ne refusât de payer le tribut : Pharaon accourait, le détrônait, le tuait" quelquefois et le remplaçait par son fils. Le fils recommençait bientôt, et son fils après lui, sans que l'insuccès de, ces rébellions les empêchât de se reproduire à la première occasion. Ça*et là, quelques garnisons égyptiennes établies à demeure, à Raphia, à Gaza, peut-être à Mageddo, surveillaient les routes stratégiques les plus importantes. Chaque changement de règne, chaque révolution de palais, chaque minorité à Thèbes entraînait en Syrie un soulèvement général étouffé plus ou moins promptement. De Thoutmos III à Amenhotpou II, d'Amenhotpou II à Khouniaten, à Harmhabi, à Séti Ier, à Ramsés II, à Ramsès III, la lutte se perpétua pendant près de six siècles, jusqu'au jour où l'Egypte, épuisée par ses victoires mêmes, renonça aux guerres extérieures et rentra daps ses anciennes limites. Les monuments sont sobres de noms qu'on puisse appliquer aux peuples qui habitaient alors entre le désert et l'Euphrate. Les Egyptiens avaient pour leurs ennemis un mépris bien caractérisé : ils ne parlaient jamais 4'eux sans les gratifier d'une épithète ignominieuse, h vil, Tabattu. Us les partageaient en deux grandes classes : les nomades, qu'ils appelaient Sittiou, les Archers, ou Shosou, les pillards, les séden- taires qu'ils qualifiaient de Montiou, laboureurs. Tous ensemble