Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La Syrie avant l'invasion des hébreux d'après les monuments egyptiens
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CLXVIII (sequence 5)
- Language
- French
- Belongs to
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CLXVill ACTES ET CONFÉRENCES »■ fourbis mes armes. A l'aube, le pays de Tonou accourut; il avait » réuni ses tribus, convoqué tous les pays étrangers qui dépen- » daient de lui, il désirait ce combat. Chaque cœur brûlait pour moi, » hommes et femmes poussaient des « Ah! », car tout cœur était » anxieux à mon sujet, et ils disaient : « Est-ce que c'est un autre » brave qui va combattre avec lui? Voici, l'adversaire a unbou- » clier, une hache d'armes, une brassée de javelines ». Quand je » fus sorti et qu'il eut paru, je détournai de moi ses traits. Comme » pas un seul ne portait, il fondit sur moi,, et alors je déchargeai )> mon arc contre lui. Quand mon trait s'enfonça dans son cou, il » s'écria, il s'abattit sur le nez : je lui fis tomber sa lance, je pous- » sai mon cri de victoire sur son dos1 ». Les Madianites et les Amalécites que lés enfants d'Israël rencontrèrent au désert devaient ressembler singulièrement aux amis de Sinouhit. Descendez le cours des âges, prenez les romans arabes, celui d'Antar. ou celui d'Abou-Zeït, et vous y trouverez les incidents et les mœurs décrites dans le conte égyptien : l'exilé qui arrive à la cour d'un sheikh puissant et finit par épouser sa fille, la provocation, la lutte. De nos jours encore,- les choses se passent à peu près de même. Ces aventures, vues de loin, ont un air de grandeur et de poésie qui séduit l'Européen, et, l'imagination aidant, le transporte dans un monde d'apparence plus héroïque et plus noble que le nôtre. Qui veut conserver cette impression fera bien de ne pas regarder de trop près les choses et les hommes du désert. Le héros est brave, si l'on veut, mais féroce et traître : il ne vit que pour la bataille et le pillage, pour le pillage surtout. L'héroïne traverse quelquefois, dans sa première jeunesse, une période de beauté éclatante, mais elle se flétrit bientôt et se change en une mégère criarde, stupide et malpropre. Que voulez-vous? Le sol est pauvre, la vie est dure et précaire, lés conditions d'existence n'ont point changé depuis les temps les plus anciens : au fusil et à l'islam près, le Bédouin de nos jours est le même que le Bédouin de Sinouhit. Des siècles s'écoulèrent avant que les Pharaons songeassent à lancer leurs armées au-delà du Sinaï : enfin,^vers le dix-neuvième 1 Maspero, Les Contes populaires de VEgypte ancienne, p. 106-115.