Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La Syrie avant l'invasion des hébreux d'après les monuments egyptiens
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CLXVII (sequence 4)
- Language
- French
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LA SYRIE AVANT L'INVASION^ ÔËS HÉBREUX CLXVII de cuivre et dé turquoise du Sinaï les arrêtaient én route. Ils y établirent de véritables colonies, grôupées sur le versant occidental dè la péninsule sinaïtique, autour de Mcg artificiels où renaît s'accumûlér l'eau dés pluies et des sources'. Les Bédouins épars dans le voisinage se faisaient parfois conducteurs de caravanes et allaient chercher âu-dtelà du désert les produits de la Syrie ét de la Chaldée, qu'ils rapportaient-ensuite aux "bords du Nil. Parfois l'instinct sauvage reprenait lé dessus : ils saisissaient la première occasion favorable et sé ruaient sur les bourgs des mineurs. Pharaon accourait avec sës bandés aguerries et leu* infligeait de rudes leçons : Snofroli, Khéops, les princes de la Ve dynastie, ceux de la xil° ont gravé, sur les rochers de Ouady Magharab et des vallées environnantes, des tableaux eommémoratifs de ces victoires. La vie des nômâldè's nous est connue en détails par un roman écrit vers le vingtiénie siècle avant notre ère. C'est un genre d'ouvrage qu'on rie s'attend guère à rencontrer si tôt, mais les Egyptiens d'autrefois âiniaiént les histoires autant pour le moins que les Egyptiens d'à présent, et une bonne partie de leur littérature pourrait figurer sans désavantage au recueil des Mille èt line Nuits. Le conte dont jé parle à pour héros un grand seigneur du nom de Sinouhit. Obligé de fuir ïe câmp d'Ousirtasen Ier, il sé sauve au désert, seul et sang armes. « Alors la soif s'abattit et s'élança sur moi : je râlai, mon » gosier se contracta, je me disais déjà : « C'est le goût de la » mort », quand je relevai mon coeur, jé rassemblai mes forces, j'en- * tendais la voix lointainé des troupeaux. » Le berger le recueille, lui donne dè l'eau et du lait : de tribu en tribu, il arrive au pays d'Edîma (Èdom), gagne la faveur du sheikh Amianshi, qui lui donne én mariage l'aînée de ses filles et s'acquiert par ses exploits la renommée et les richesses d'un grand chef de guerre. Tant de fortune n'était pas Sans soulever la jalousie des indigènes. « Un brave » vint me défier dans ma tente : c'était un héros qui n'avait pas de » seconds, car il les avait tous écrasés. Il disait : « Que Sinouhit » se batte avec moi, car il ne m'a pas encore vaincu; » et il se » flattait de prendre mes bestiaux à l'intention de sa tribu. » Sinouhit accepte le défi et se prépare à la lutte. « Je bandai mon » arc, je dégageai mes flècheSi je donnai du jeu à mon poignard, je