Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Sectes juives de la Galicie
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CLII (sequence 12)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
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- IRI
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cm ACTES ET CONFÉRENCES plus dormir, parce que chaque nuit l'esprit de son père défunt venait le tourmenter. A qui la faute? s'écria le Zadik. A toi-même!. *ton père t'a recommandé, à sa mort, de payer 500 ducats à Salomon Tabac, auquel il les devait et qui n'avait pas de pièces pour le prouver. Eh bien! tu ne les as pas payés, et c'est pour cela que ton père vient la nuit, afin de te le rappeler. Il faut payer ces 500 ducats, ensuite tu auras le repos et la tranquillité. A ce moment, le Zadik aperçut la jolie femme qui se dérobait aux regards. Il lui fit signe d'approcher, après avoir ordonné aux assistants de s'éloigner. Quand elle eut pris place auprès de lui, il lui dit : <c Pourquoi ces habits juifs? Je sais cependant que tu es chrétienne et que tu es une femme noble. » C'était, én effet, une comtesse polonaise. Le rouge lui monta à la figure et elle demanda à parler seule au Zadik. Celui-ci tendit son oreille, et la jeune femme lui murmura son secret. Nous nous aperçûmes qu'elle fut contente du conseil qu'elle reçut, car, en partant, elle déposa un riche présent sur la petite table, tandis qu'un sourire joyeux effleurait ses lèvres. Ce fut au tour de mon oncle de solliciter le conseil d'usage. Deux juifs s'étaient battus. Abel Oignon avait appelé Isaac Bischorko Amharezt c'est-à-dire « ignorant », et Bischorko avait frappé rudement le brave Oignon. Par suite de ce mauvais traitement, Oignon était devenu absolument muet, muet comme une carpe. Sa famille avait porté plainte devant le tribunal, et on avait chargé mon oncle, qui était médecin, d'examiner le blessé. Il était triste que le malheureux Oignon fût devenu muet; d'autant plus triste . que Bischorko était un très honnête homme et pouvait être puni sévèrement. Le Zadik se mit à rire, ce Abel Oignon n'est pas muet, il joue la comédie : ne vous laissez donc pas tromper par lui. Je les connais tous les deux. Oignon n'est autre chose qu'un vaurien, et Bischorko est un honnête homme. Il faut le secourir. » Le Zadik donna à mon oncle un conseil qui lui plut beaucoup, car mon oncle aimait à plaisanter. Nous nous rendîmes, en conséquence^ dans la ville de Snyatin pour trouver Oignon. 11 était au lit, entouré de sa famille