Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Sectes juives de la Galicie
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CLI (sequence 11)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
- OCR quality
- 63% known words query
- IRI
…/1099854-5241364--176-1100012- Visual Library
- page viewer of the UB Frankfurt
OCR text
SECTES JUIVES DE LA GALICIE GLI la bonté, la douceur, la gaîté, l'ironie. Ils reflétaient, en un mot, tout ce que l'esprit de l'homme peut contenir de plus divers. Le Zadik nous fit, en guise de salut, un signe delà main, mais, sans se lever» L'un des Hassidim approcha des chaises, pendant qu'un autre allumait la lulha^ la pipe du Zadik, Aussitôt les gardiens quittèrent la chambre, et nous restâmes seuls devant cet homme extraordinaire. Mon oncle lui dit d'abord que j'avais entendu parler bien souvent de lui, même à Tienne, et ajouta que j'avais le plus grand désir de . l'entendre donner ses conseils à ceux qui venaient le solliciter. Mon oncle le pria donc, s'il le voulait bien, de faire entrer ceux qui attendaient, car, dit-il, il voulait que mon incrédulité fût vaincue. Le Zadik me regarda en souriant* « Vous êtes bien curieux jeune homme, me dit-il, mais je vais contenter votre curiosité. » II'sonna. Les gardiens se précipitèrent, le Zadik leur ordonna de faire entrer ceux qui voulaient le consulter, et il ajouta que ces personnes ne devaient entrer que par dix à la fois. J/étude que je pouvais faire sur ceux qui venaient consulter le Zadik m'intéressa beaucoup. Tous entraient avec beaucoup de. respect, de considération, et saluaient le Zadik d'un air plein de dévotion, restant toujours debout près de la porte. "Voici d'abord un Juif riche. Il est vêtu d'une pelisse et tient entre ses bras son çnfant malade, qui jette des cris 'terribles. Un autre est vêtu d'un talar rapiécé en maints endroits, et laisse échapper des soupirs à fendre l'âme. Un troisième, grand gaillard, habillé richement, la figure rouge et luisante comme une pleine lune; deux paysans dans leurs peaux de mouton, une arménienne, un soldat en uniforme blanc, un ménonite, un colon allemand et une jeune femme, jolie et timide, habillée en juive, se cachant derrière les autres. Le premier qui se présenta au Zadik fut celui qui tenait dans ses bras l'enfant malade. Le Zadik prit l'enfant, aussitôt celui-ci se calma, ne criant plus du tout. Il lui souffla sur le visage, l'effleura de ses mains, et, après avoir prononcé une prière, rendit l'enfant à Son père. J'appris plus tard que l'enfant était vraiment guéri. Le grand gaillard à la mine si florissante dit qu'il ne pouvait