Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Sectes juives de la Galicie
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CXLIV (sequence 4)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
- OCR quality
- 66% known words query
- IRI
…/1099854-5241364--169-1100005- Visual Library
- page viewer of the UB Frankfurt
OCR text
CXL1V ACTES ET CONFÉRENCES la science mystérieuse et mystique des sectes juives. Ils croyaient qu'ils ne pouvaient arriver à pénétrer les mystères-de la Kabbalah qu'en fustigeant leur propre corps; c'est ainsi qu'ils croyaient pouvoir entrer en communication avec les anges, les esprits et Dieu lui-même. Beaucoup d'entre eux mouraient des suites des tortures corporelles qu'ils s'infligeaient; d'autres dévenaient complètement fous. Ces pratiques, si elles ne sont pas aussi anciennes qu'on le dit, étaient probablement répandues depuis longtemps parmi les juifs galiciens. Un homme vint, vers la moitié du dix-huitième siècle, qui pensa que les adeptes de* la secte pouvaient arriver au but qu'ils poursuivaient d'une manière à la fois plus douce et plus commode, et sans tourments. Il enseigna que la vraie manière-.de plaire à Dieu était de se perdre dans l'être divin, et que, pour y arriver, il fallait que l'homme se concentrât en lui-même et se livrât à la contemplation de Dieu. Il fit comprendre que ce n'étaient ni les privations, ni les tourments de toutes sortes que Ton s'infligeait, qui pouvaient prédisposer l'âme à cet état de béatitude; au contraire, ce n'est que par la satisfaction des besoins non défendus, quand le corps et § l'esprit jouissent de leur état naturel, que l'âme peut s'élancer vers la divinité et s'y trouve mieux rattachée. Il permit même que les adeptes se livrassent aux plaisirs naturels et licites, mais non à la débauche. Le seul moment où l'homme, pour contempler Dieu, doit s'élever au-dessus de la nature, ne peut être que celui delà prière. Passé cet instant, l'homme doit vivre de sa vie naturelle et prendre sa part de la gaîté et du plaisir qui peuvent s'offrir à lui. Plus tard encore, les adeptes ne se contentèrent pas de s'absorber en Dieu pendant le temps de la prière, ils abdiquèrent toute vo- . lonté devant les chefs religieux de la secte, voyant en eux les représentants de la divinité et respectant chaque mot de ces chefs comme un oracle. Le.fondateur de cette doctrine, qui eut bientôt de nombreux adhérents, vivait en 1750, dans la petite villa de Tlussty , dans le , cercle de Czortkov en Galicie, et" se nommait Israël Baalschem. Bientôt une légende fantastique se forma autour de lui. On la ra-