Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Sectes juives de la Galicie
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CXLIII (sequence 3)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
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SECTES JUIVES DE LA GALIGIE CXLÏI1 juives. Je laisserai de côté les sectes anciennes, comme les Samaritains, les Hellénistes, les Esséniens, les Saducéens, les Pharisiens, les Zoharistes et les Sabatiens, pour ne vous entretenir que des sectes qui existent encore aujourd'hui en Galicie et j jouent un grand rôle. Je ne vous parlerai que des Hassidim, ou Bestiens? et des Karaïtes. " La secte des Hassidim, comme l'indique son nom,, est une des plus exaltées. En effet, le mot hébreu hassad signifie, comme nous dirions, faire en religion plus qu'il ne faut, s'exalter, dépasser ce qui est ordonné par le rite. Sous le nom de Hassidj on désigne l'homme qui, non seulement suit, d'une manière rigoureuse, ies prescriptions de sa religion, mais qui, de plus; par un amour excessif pour 1g, divinité, fait encore plus et s'interdit même les choses qui sont permises. Voici ce que les Hassidim actuels de Galicie racontent sur les origines de leur secte : Il existait, disent-ils, beaucoup d'individus de cette secte â'iix 1 premiers temps de l'histoire des Israélites, et leur nombre aurait été encore plus grand au moyen âge. Ils étaient constamment en prières. Pour obtenir le pardon de leurs* péchés, ils jeûnaient, passaient les veilles et se mortifiaient. Ils ne mangeaient jamais de viande; ils s'interdisaient même l'usage de tout aliment provenant d'un être vivant : beurre, œufs, miel. Ils portaient un cilice dont l'étoffe rugueuse leur blessait la chair, car c'était le seul vêtement qui couvrît leur corps. En hiver, au milieu des froids les plus rigoureux, ils se jetaient dans l'eau glacée des fleuves. Leur vie n'était qu'un pèlerinage continuel d'un lieu à un autre; .ils ne séjournaient jamais plus d'une nuit dans le même endroit. Ils s'abstenaient souvent pendant trois jours de toute nourriture et de toute boisson et poussaient même ce jeûné parfois jusqu'à huit jours. En hiver, ils se roulaient dans la neige, et en été sur les épines. Ils ne voulaient pas, autant que possible, que la mort les surprît dans leur demeure, ils préféraient qu'elle les enlevât alors qu'ils se trouvaient au milieti des champs, dans la campagne. La plupart d'entre eux se livraient à l'étude delà Kabbalali,