Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Sectes juives de la Galicie
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CXLV (sequence 5)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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SECTES JUIVES DE LA GAL1CIE CXLY conte dans un livre paru en 1814, à Berdischev. Ce livre se nomme Schivchë HàbescM. Israël Baalschem lui-même a. laissé un livre qui contient sa doctrine, le Sèfer ïïamidot, livre de morale. Baalschem fut nommé par ses adeptes le Bescïd, ce qui veut dire : Thomme capable de faire des choses merveilléuses. Ses adeptes se nommaient les BescMiens. Les exemplaires du livre qui coûtera doctrine étaient toujours de petit format, de manière qu'on pût le porter constamment dans sa poche et le consulter quand on voulait. Les rabbins avaient beau s'évertuer à montrer l'invraisemblance de la doctrine de Baalschem, l'adepte continuait à la suivre, malgré les anathèmes que les rabbins lançaient contre lui; elle se répandit très vite dans la Pologne, la Eussie, la Hongrie, la Moldavie et la Valachie. La légende raconte que la mère du Bescht avait cent ans lorsqu'il naquit et son père plus, encore, et qu'à l'âge de dix-huit ans il étrangla un démon qui voulait entrer dans la maison de son père. Baalschem} lui-même, raconte que parfois Son âme quittait son corps pour entrer dans les régions des esprits et prendre part au grand conseil du sénat péleste. Dans ces régions, chaque nation, disait-il, a un esprit ou génie qui la. protège auprès de la divinité. Il raconte que son âme vit un jour le génie russe lutter avec le génie turc pour le jeter à terre, et il crut voir que le génie russe allait succomber sous l'effort de celui des Turcs. Mais, comme le Bescht voulait la victoire des Eusses qui traitaient mieux les Juifs, il aida, par ses prières, le génie des Eusses et celui-ci resta victorieux. Peu de temps après, la guerre éclatait entre les Busses et les Turcs, et ces derniers étaient, en effet, complètement défaits. Espérons qu'en pareil cas, la France trouvera, elle aussi, son Bescht. On attribuait aussi au Bescht le pouvoir de guérir les malades, de rendre la vue aux aveugles et la vie aux morts. Il pouvait aussi retirer de l'enfer les âmes humaines et les faire sortir du corps des animaux, où les fait voyager la doctrine fantastique de la mé- \ tempsychose. On comprendra facilement le succès de cette doctrine à cause de son côté merveilleux, d'autant plus qu'elle naquit au temps des