Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1886
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CXXIV (sequence 8)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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GXXIV ACTES ET CONFÉRENCES est en train de consacrer aux Juifs de Carpentras. Par un excès de modestie, l'auteur a préféré circonscrire son sujet dans les limites plus étroites d'une histoire rabbinique. Celle qu'il nous donne est bien plus complète et plus exacte que les maigres notices de Terquem et de Carmoly. Depuis Isaac Lévy jusqu'à ce Benjamin Lipmann, qui vient de mourir grand-rabbin de Lille, où l'avait conduit son touchant attachement à la patrie française, M. Cahen énumère tous les grands-rabbins qui se sont succédé sur le siège de Metz, il reconstitue leur biographie, il donne l'indication de leurs œuvres. L'étude valait la peine d'être faite; la vertu et le savoir talmudique semblent avoir été de tradition chez les rabbins de Metz; quant au patriotisme, il est de plus fraîche date : car jusqu'à la Bévolutïon la communauté choisissait toujours ses_ rabbins à l'étranger, dans l'espoir un peu chimérique que, dégagée de toute influence de famille ou* de coterie, leur autorité morale serait plus grande. — Oserai-je cependant avouer que j'ai trouvé moins d'intérêt au portrait de tous ces braves talmudistes allemands et polonais, un peu oubliés aujourd'hui, — sauf peut-être, le moins recommandable, Jônathan Eibeschûtz — que dans les échappées, heureusement fréquentes, de l'auteur sur l'histoire générale de la communauté? Rien n'est plus instructif que le tableau des restrictions successives apportées par l'autorité française à la juridiction des rabbins. Cette juridiction, bornée, dès le principe, aux matières civiles et de police, et aux contestations de juif à juif, avait son*fondement légal dans une ordonnance rendue par le duc de La Valette en 1624, et confirmée par Louis XIV en 165*7. Encore à la fin du xvne siècle, le chancelier de France déclare formellement que cette juridiction n'est pas seulement facultative pour les juifs de Metz, mais obligatoire et exclusive de toute autre. Dès ^1709 cependant, le Parlement de Metz, jaloux d'étendre la sphère de sa compétence, commence * à accepter les procès civils entre juifs; il ne reconnaît plus aux décisions rabbiniques. que la valeur de sentences arbitrales, qui ne lient même pas les parties en cause. En 1743, nouveau progrès : le Parlement fait rédiger à son usage un résumé du droit civil talmudique qu'il applique désormais aux contestations entre israélites qui lui sont soumises. Puis, en 1759, les rabbins sont dépouillés du droit