Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La prédication juive contemporaine en France
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CXII (sequence 18)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
- OCR quality
- 70% known words query
- IRI
…/1099854-5241364--134-1099973- Visual Library
- page viewer of the UB Frankfurt
OCR text
GXII ACTES ET CONFÉRENCES La femme, telle que la connaît la littérature du judaïsme, est l'appui de son époux; elle est la couronne de celui dont elle porte le nom et partage la destinée; Dieu ne saurait faire à l'homme un don plus précieux, car avec elle la bénédiction pénètre dans la famille. Sa sagesse établit la maison sur des fondements sûrs et inébranlables.. Aussi, son époux met-il toute sa confiance en elle, car il sait que son bonheur et son bonneur sont entre de bonnes mains. Plus encore que lui, elle veille à l'éducation de ses enfants, eUe.sème dans leur âme tous les grands et bons sentiments, et le Sage ne perd pas une occasion de leur prêcher une soumission tendre et constante à une autorité aussi douce et aussi sacrée. Si dévouée qu'elle soit au bien-être de sa famille, elle sait que le monde ne s'arrête pas aux limites'de son foyer, elle pense à tous ceux qui sont dans la peine, son cœur s'émeut de pitié et sa main s'ouvre comme d'elle-même. Si elle a le cœur bon et compatissant, elle a aussi l'esprit élevé, et de ses lèvres coule un enseignement plein de sagesse, de grâce et de douceur. ♦ Elle suit ainsi sa voie, remplissant dans toute son étendue la mission que Dieu a confiée à la femme, répandant joie, contentement, paix et bonheur autour d'elle. C'est que ses vertus tirent leur origine d'un senrtiment supérieur, qui est la source féconde de ce qui est grand et beau, le sentiment religieux, la foi en Dieu. C'est pourquoi son époux est fier de la.voir à ses côtés; ses enfants à Tenvi proclament ses louanges, et, le parfum de sa légitime renommée se répandant bien au-delà de son foyer, tous reconnaissent et admirent la beauté de son âme, la noblesse de son cœur et la distinction de son caractère l. Je voudrais, messieurs, pouvoir ainsi passer en revue les différents \ sujets traités par nos prédicateurs, afin de donner par là une idée de leur doctrine, aussi complète que possible. Mais le temps m'est mesure, et peut-être n'emporteriez-vous pas une impression "bien nette de ces multiples et trop rapides indications. J'arriverai plus sûrement à mon but en essayant de vous montrer quels sont les caractères les plus frappants de cette doctrine. J'en signalerai deux : la simplicité et la modération. Quelque soit, en effet, le nombre des dogmes que la théologie juive peut avoir établis, il n'en est guère qu'un seul que nos prédicateurs s'attachent à enseigner, parce que, de ce dogme seul, tous les devoirs 1 Zadoc Kahn, Oraison funèbre de Mme la baronne James de Rothschild, douairiôre, prononcée le 9 septembre 1886. *