Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La prédication juive contemporaine en France
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CXI (sequence 17)
- Language
- French
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LA PRÉDICATION JUIVE CONTEMPORAINE EN FRANCE CXI » trop bavarde; ni du pied, pour qu'elle n'aime pas trop à courir : » je vais la former d'une côte, une des parties du corps les plus » cachées, et, de cette manière, elle sera portée à l'humilité. » — Eh bien I malgré toutes ces précautions, la femme a précisément tous les défauts que le Créateur tenait à éloigner d'elle. » On pourrait ainsi accumuler bien des sentences du Talmud et du Midrasch assez peu favorables aux femmes. Mais, messieurs, c'est ici le cas de se rappeler le mot de Pascal Sur Platon et sur Aristote : <c On ne s'imagine, dit-il, Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants. C'étaient des .gens honnêtes et comme les autres, riant avec leurs amis, et quand ils se sont divertis à faire leurs Lois et leur Politiquei ils l'on fait en se jouant1. » J'inclinerais assez à croire qu'on en peut dire autant des docteurs du Talmud, et que, comme l'indique quelque part M. Loeb 2, il ne suffit pas de lire ou d'entendre lire tout sèchement des passages tels que ceux que nous avons cités, il faudrait voir aussi le jeu des physionomies, le sourire qui devait accompagner ces traits d'esprit ou de satire et qui montraient bien que de téllés boutades étaient pure plaisanterie et que ce jour-là l'école était d'humeur folâtre. Non, en effet, nous ne devons pas prendre les attaques des talmudistes contre les femmes plus au sérieux que les amusants propos de nos vieux conteurs français et des auteurs comiques de tous les temps et de tous les pays, Car, en regard de ces malignes indications, on peut placer trente, cinquante niaximes des mêmes talmudistes, cette fois tout à l'honneur des fenimèS. Il faut, disent-ils, aimer, honorer, respecter, consulter sa femme, se baisser, si elle est petite, pour écouter ses conseils 3. Gloire suprême enfin : « C'est, disait Eabbi Akiba, par le mérite des femmes justes qui étaient en ce temps-là, que les Israélites ont été sauvés en Egypte. » Mais, ici encore, une seule citation suffira : car c'est d'après les livres sacrés qu'en prononçant, l'éloge funèbre d'une femme illustre dont on déplorait ce soir même ici la mort, l'orateur composait le portrait suivant-de la femme juive : 1 Ed. Havet, t. I, 85. * Revue des Etudes juives, li? 18, p. 307. 3 Schuhl, /Sentences fit proverbes du Talmud et du Midrasch, 44, 171, 440, 971, 974, etc.