Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La prédication juive contemporaine en France
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite CX (sequence 16)
- Language
- French
- Belongs to
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ex ACTES ET CONFÉRENCES juive, s'explique, nous l'avons dit, par le petit nombre des fidèles auxquels s'adresse le prédicateur. Mais il faut encore» tenir compte de l'importance que les Israélites ont toujours attachée à l'idée de famille; c'est comme une grande famille que le prédicateur veut à dessein considérer la communauté qu'il est chargé d'instruire, et ce sont ainsi ses sentiments, sentiments qu'on trouve au fond de toute âme juive, qui exercent tout d'âbord une influence sUr la forme de ses sermons. Il est donc temps maintenant de pénétrer plus avant dans notre étude et d'examiner de plus près les idées et les sentiments mêmes dont sont nourris les discours de nos orateurs. Non que je veuille précisément insister sur cette idée de la fa^ mille, qui tient une telle place dans la prédication juive; car leg vertus de la famille juive sont presque proverbiales pt les plus malintentionnés n'ont jamais essayé d'élever sur ce point la moindre contestation. Mais n'est-il pas au moins un membre de la famille, une personne, sur le rôle de laquelle il serait bon de savoir quelle est, en définitivô, l'opinion des rabbins et des prédicateurs : la mère* la femme? Combien de fois a t-on reproché au judaïsme son prétendu mépris d$ la femme! Et, à prendre certains aphorismes à la lettre, il est certain qu'on en trouvera plus d'un qui semblera donner raison aux. détracteurs dç parti pris.. Eh! oui, je le sais, parmi les quatre sortes d'hommes qui échapperont à l'enfer, le Talmud dit qu'il faut ranger ceux qui ont eu une mauvaise femme *. — Sur dix mesures de bavardage qui ont été départies au genre humain, dit encore le Talmud, les femmes 'en ont pris neuf pour elles 2. — Enfin, pour qu'on ne me reproche pas de rien laisser dans l'ombre, voici junç dernière citation qui, sans doute, paraîtra en résumer beaucoup d'autres : <( Lorsque Dieu, dit le Midrasch3, se fut décidé à créer la. première femmç, il se dit : « Quelle partie du corps d'Adam vais-je employer » pour former la femme? Je ne veux pas la former de l'œil, pour » qu'elle n'ait pas les yeux hautains; ni de l'oreille, de peur qu'elle » ne devienne trop curieuse; ni de la bouche, pour qu'elle ne soit pas 1 Schuhi, Sentences et provertes du Talmud et du Midrasch, 1270. 2 Idt, ibid., 1180. 3 Ib^ ibid , 250.