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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1887-01-01 · 2 (1887) · p. Seite CIX

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
2 (1887)
Article
La prédication juive contemporaine en France
Date
1887-01-01
Page
Seite CIX (sequence 15)
Language
French
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LA PRÉDICATION JUIVE CONTEMPORAINE EN FRANCE CIX Autre milieu, autre tableau, toujours du genre intime. L'orateur parle des bienfaits de l'instruction à d'humbles familles juives, assemblées pour voir distribuer des prix à leurs enfants, et, voulant montrer que le judaïsme a de tout temps favorisé l'instruction populaire, il fait appel à la mémoire de ses auditeurs : Reportons-nous, dit-il, de cinquante ans en arrière. Peut-être quelques-uns d'entre vous. Messieurs, ont encore vu ce qu'on appelait alors le Héder. On a beaucoup ri de ces modestes établissements, mais je vous assure qu'ils valaient beaucoup mieux que leur réputation. Chaque communauté, si pauvre, si petite qu'elle pût être, avait à cœur d'avoir son Héder; et là, dans une chambre nue, de misérable apparence, et qui souvent n'avait pour tout mobilier qu'une table boiteuse et quelques chaises estropiées, on apprenait d'abord à lire et à écrire, ce qui, pour le moment, paraît ôtré le comble de l'instruction élémentaire; mais on apprenait aussi à approfondir l'Écriture Sainte, on étudiait la Bible et ses commentaires; on .traduisait les prières du rituel. A cette époque, un Israélite qui ne savait ni lire ni écrire était une espèce de phénomène curieux, et celui qui ne savait que cela, s'attirait infailliblement le nom, toujours si redouté chez nous, de am-liaareto, d'ignorant *. *.j Le tableau ne vous paraît-il pas d'une aimable et piquante familiarité? Il n'est pas jusqu'à ces vieux mots hébraïques dont l'emploi ne soit comme un lien*de plus entre l'orateur et les vieillards de son auditoire, débris d'une époque plus éloignée de nous encore par ses mœurs que par le temps qui nous en sépare, et où les Israélites, du moins les plus humbles, les moins mêlés au grand courant du monde, s'exprimaient en hébreu (un hébreu farci d'allemand) plus couramment et plus volontiers qu'en français. Pour moi, il me semble que je vois toutes ces vieilles figures s'animer et sourire à cette évocation du passé, tous ces grands-pères hocher la tête comme pour montrer à l'orateur qu'ils le comprennent et qu'ils le goûtent, et se répéter l'un à l'autre, à leur manière, dans leur langage, avec moins de finesse sans doute que Sophie Arnouid, mais avec autant de sincérité, le fameux mot de la cantatrice : <c Ah! le bon temps, que celui où nous étions si malheureux!» Ce caractère de familiarité, qu'on remarque dans la prédication Zadoc Kahn, Sermons et allocutions adresses à la jeunesse israélite. ACT. ET CONF., T. I. 9

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