Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La prédication juive contemporaine en France
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite C (sequence 6)
- Language
- French
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\ C ACTES ET CONFÉRENCES les effets durent encore; un miracle permanent, qui continue de s'accomplir sous nos yeux : c'est l'existence même et la perpétuité d'Israël. Qu'on se demande, en effet, si c'est une œuvre humaine, non pas de donner à un peuple une constitution, mais de créer, à un moment précis, cette constitution de toutes pièces, et de là créer, dès l'origine, immuable, quoique les constitutions paraissent aux hommes n'avoir ordinairement quelque chance de durée que lorsqu'elles sont l'œuvre du temps, comme les mœurs mêmes des peuples, et que le temps peut incessamment les modifier. , Or, Israël, au sortir de l'esclavage et d'une abjection profonde, Israël tout entier dominé par les appétits sensuels et grossiers, Israël, peuple dur à manier, reçoit une constitution qui est en contradiction non seulement avec sa nature, mais avec toute la nature, toutes les lois fatales, tous les instincts brutaux de la nature, une constitution qui est devenue le code des sociétés modernes, et qui prêche l'amour du prochain, la charité, la tolérance, le respect de la dignité humaine, l'égalité, Tordre, la liberté, et tous ces principes qu'Israël devait conserver au monde, mais que le monde ne devait reconnaître que trois mille ans plus tard;. et ainsi, en même temps que la destinée d'Israël est fixée, l'avenir du monde est prédit trente siècles à l'avance. Ici la démonstration, qui, vous vous le rappelez,-avait commencé par faire la part la plus large possible à l'opinion de l'adversaire, pourrait paraître enfin terminée. Mais non : l'écrivain redoute encore de nouvelles objections et leur oppose par avance des arguments multiples. On discute, dit-on, sur la date à laquelle cette constitution d'Israël a pu être rédigée : mais qu'aura-t-on gagné, si l'on prouve, en admettant qu'on y puisse arriver, qu'elle a précédé de vingt-cinq siècles,, et non de trente, l'avènement dans les sociétés modernes des principes qu'elle proclame? On objecte encdre que cétte constitution, prétendue divine, oblige Israël à. bien, des pratiques mesquines, qui ne méritent pas que Dieu s'intéresse à les voir accomplies. — Mais dJcîbjord qui donc est juge de ce qui est digne ou indigne de la majesté divine? — Qui donc,