Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 2 (1887)
- Article
- La prédication juive contemporaine en France
- Date
- 1887-01-01
- Page
- Seite XCIX (sequence 5)
- Language
- French
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LA PRÉDICATION JUIVE CO^TEMPORAllSE EN FRANCE XC1X nous confions à lui, en elle seule nom trouvons, pour notre lassi^ tude, notrQ faiblesse, notre doulejir ou notre désespoir, refuge, appui, consolation, réconfort. Que répondre à une argumentation qui retourne ainsi ig. question, et qui, après ayoir réfuté une première fois l'objection, veut bien feindre cependant d'en admettre la validité, afiu de J#i opposer une réponse plus décisive encore que 1% première? Mais, si J'argun^ntation d'un sermon jpeut être forte, elle doit, du jnoins', être bp?née dans ses développements, l'attention d'auditeurs bienveillants sans doute, mais souvent légers et médiocrement prér parés &ux médiations austères, risquant de se lasser trop tôt. La lettre pastoral^, qu'on lit à loisir, peut s'jépandre avec plus d'abon^ d&nce, et je jne ypijdpais mal de n'en pas citer ici au moins une, que j'étais du Recueil (k lettres pastorales et de discours $ inaugura^ lion de M* Klei», graud rabbin de Colmar *, recueil que je qualifierrais de magistr,al, si l'on en pouvait élagjier quelques redondances et faire disparaître quelques germanismes. Il est impossible qu'on ne soit pas frappé, en la lisant, comme je l'ai été moi-même, de l'ampleur et de la finesse d'une dialectique qui ne se soucie pas de reprendra à son service les arguments trop faciles d'une métaphy-r siqiie élémentaire. Il s'agit ici, en effet, d'une démonstrationde la Providence, et tout de suité la preuve téléologique, la preuve tirée de l'ordre de l'univers .et des causes finales, se présente à l'esprit de l'écrivain sacré; mais il l'écarté aussitôt, pensant qu'il appartient peut-être au philosophe de la développer, pour réfuter l'athéisme, mais qu'elle ne saurait suffire au prédicateur instruisant ses frères au nom de la foi. Sur quoi va-t-il donc appuyer sa croyance à l'intervention de la puissance divine dans les affaires humaines? Hardiment, sur les miracles. Mais pn refuse, au nom de la raison et de l'expérience, d'admettre l'authenticité des miracles attestés par l'Écriture. Eh bien! accorddons cause gagnée à l'incrédulité, ou plutôt ne nous occupons pas de ces miracles qu'elle conteste : mais il en est un au moins dont 1 Colmar, 1863.