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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1886-01-01 · 1 (1886) · p. Seite LXIX

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Image: UB Frankfurt, Visual Library (IIIF)
Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
1 (1886)
Article
Le juif au théâtre
Date
1886-01-01
Page
Seite LXIX (sequence 21)
Language
French
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IRI
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LE JUIF AU THEATRE LX1X Hardy condamné à mort par Richelieu : ma tête est encore sur mes * épaules, mais mon cœur est décapité! » Une autte phrase avait aussi fort égayé le public de la première représentation : « Pendant quinze ans j'ai hu toutes les larmes de mon corps; maintenant je bois de l'eau-de-vie! » Mais je dois dire que je n'ai pas retrouvé cette phrase dans la pièce imprimée. Le nouveau texte porte : « J'ai commencé par boire mes larmes; mais, „ comme cela se tarit, j'ai fini par boire dans un verre! » — C'est mieux, évidemment. s Pour achever cette rapide revue, il me reste à parler d'un per^ sonnage qui n'appartient pas encore à la série des Juifs de théâtre, mais quiy figurera sans doute bientôt, puisque c'est la mode aujourd'hui de faire des drames avec les romans. Je le trouve dans les Monach de M. Robert de Bonnières *. Ce roman est une esquisse de la haute vie parisienne, à laquelle se trouve mêlée une étude consciencieuse et souvent exacte de certaines coutumes juives. Les principales figures sont Israélites; la plus originale, la mieux vue est celle d'une femme qu'on ne voit pas : c'est la vieille mère du baron Monach, l'aïeule restée seule fidèle au culte des ancêtres et qui se console de son isolement en priant et en parlant hébreu avec un jeune Tiazzan (chantre), que le baron a engagé pour la circonstance. Ce dernier trait est bien saisi : le baron est resté un bon fils, malgré la vie qu'il mène; il aime et vénère sa mère et, par déférence pour elle, il s'astreint de temps en temps à des pratiques religieuses qui l'ennuient; il observe les fêtes, il se condamne à manger suivant le rite, etc. Mais, à part cela, est-ce un Juif, cet homme qui laisse railler les croyances juives, qui veut marier sa fille à un catholique, qui, dès que sa mère sera morte, se fera probablement baptiser, entrera en relations directes avec le Saint-Père pour être nommé comte romain et„ne recevra plus ses anciens coreligionnaires? Il y a eu des Juifs de cette espèce, c'est bien certain. Mais ce Juif tout particulier ne ' peut être pris pour le Juif, c'est-à-dire pour l'homme qui a gardé 1 Un vol. in-i«, chez Ollendorff. f - T")

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