Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 1 (1886)
- Article
- Le juif au théâtre
- Date
- 1886-01-01
- Page
- Seite LVII (sequence 9)
- Language
- French
- Belongs to
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- IRI
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LE JUIF AU THÉÂTRE LVII ou jeudi; et le quatrain suivant aux quatre derniers vers, lorsque ce sera le samedi : Oubliez tous, comme il suspecte Quelque orache, quelque débat, Que le samedi pour ma secte Ly être le jour du sabbat. -Le public de 1823 fit-il ou ne fit-il pas de « sabbat » en voyant jouer cette innocente pièce? L'histoire ne nous l'a pas appris. Mais le fait même d'un éclatant succès n'infirmerait pas la règle si nettement formulée par MM. Adolphe d'Ennery et Alexandre Dumas fils : au théâtre, le juif doit être grotesque ou odieux. Pourquoi?. i Bien des gens en Russie et en Allemagne n'hésiteraient pas à répondre : « Parce que le théâtre est l'image de la vie! » —r- Nous ne discuterons pas leur opinion : il y a là des haines dont les causes nous échappent et qui nous demanderaient un trop long examen. — Mais en France, où les Israélites vivent, comme je l'ai dit, en bonne intelligence avec les chrétiens, cette réponse ne serait pas de mise. Il faut donc chercher une autre explication et voici, je crois, celle qu'on peut donner : en prenant plaisir à houspille^ ou à voir houspiller les juifs sur la scène, auteurs et spectateurs cèdent tout simplement à une sorte d'entraînement indépendant de leurs croyances ou de leurs opinions 'personnelles; ils obéissent à des habitudes toutes littéraires, habitudes dont la filiation est aisée à suivre, quoiqu'elle date de loin. Pour en trouver l'origine, il nous faut remonter jusqu'à Marlowe et à Shakespeare. Oh! ne craignez pas, Mesdames et Messieurs, que je parte de là pour vous faire une conférence sur l'auteur du Marchand de Venise. Je ne pourrais pas être plus mal inspiré, car elle a déjà été faite, cette conférence, et faite ici même par quelqu'un qui avait qualité pour analyser l'œuvre du grand poète anglais. M. Guillaume Guizot s'est attaché surtout à justifier Shakespeare accusé, paraît-il, d'antisémitisme! Je dis : paraît-il; car je n'ai pas eu le plaisir d'entendre la conférence de réminent professeur, et je n'ai pu la lire,