Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 1 (1886)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1884-1885
- Date
- 1886-01-01
- Page
- Seite XXVI (sequence 7)
- Language
- French
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xxvi AGTES ET CONFÉRENCES nulle part dé trace de haine, pas plus que de mépris. » L'influence de l'antisémitisme alexandrin ne se fait guère sentir que chez quek ques historiens. Sous la génération suivante* le ton commence à se modifier. La prospérité croissante des israélites leur a créé des jaloux à Rome, leur refus de s'associer à l'apothéose des empereurs les brouille avec le monde officiel et officieux; les calomnies'odieuses ou grotesques de l'Égyptien Apion pénètrent peu à peu dans toutes les couches de la société. C'est l'époque des essais de persécution de Tibère etde Caligula, des mesures restrictives de Claude; c'est aussi l'époque où le stoïcisme, sorte de religion sous le manteau d'une philosophie, combat dans le judaïsme un concurrent redoutable. Perse se borne à une caricature d'un de ces humbles ménages juifs du Transtévère, groupé "autour du repas du sabbat, à la lumière d'un chandelier enfumé. Sénèque pousse déjà un véritable.cri de haine et d'alarme contre l'envahissement des idées sémitiques. C'est bien pis encore, lorsque le peuple juif, de. l'état d'insurrection morale où il avait toujours été contre l'esprit païen, passe, en conséquence des excès des gouverneurs romains, à l'insurrection matérielle. Le souvenir laissé par la guerre de Judée fut long et cuisant. La force de résistance inattendue déployée par cette petite nation parut un outrage à là majesté du peuple romain. La littérature vengea, par un flot d'appréciations haineuses et méprisantes, la blessure faite à l'amour-propre national. Si Pline l'Ancien observe encore une sorte de retenue, imputable peut-être à ses opinions philosophiques1, si le servile Quintilien se contente de citer en passant la nation juive parmi les établissements funestes au genre humain, en revanche Martial et Juvénal se font les échos complaisants des plaisanteries souvent peu relevées de leur cercle sur les us.ages religieux du Judaïsme, sur les mendiants juifs de Rome, sur tout ce petit monde de colporteurs, de marchands d'allumettes ou de bouteilles cassées, de diseuses de bonne aventure, qui pullulait 1 La perte des ouvrages historiques] de Pline est d'autant plus regrettable qu'on sait aujourd'hui qu'il avait été* sous-chef d'état-major de Titus dans la. guerre de Judée. Voir sur ^inscription d'Arados, restituée par Mommsen, D. Kaufmànn, Pline l'ancien en Judée, X, 252.