Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 1 (1886)
- Article
- Rapport sur les publications de la Société pendant l'année 1884-1885
- Date
- 1886-01-01
- Page
- Seite XXIV (sequence 5)
- Language
- French
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XXIV ACTES ET CONFÉRENCES rieux tëtragramme que les Israélites ne prononcent pas. M. Halévy, tout en admettant la vocalisation (lahwê) aujourd'hui gêné-' ralemenfc adoptée, et la dérivation de la racine être, ne croit pas que le mot ait le. sens métaphysique, ni l'origine récente que certains textes paraissent lui attribuer. C'est un nom d'une très haute antiquité, comme les noms de la plupart des grandes divinités orientales. Il appartient au vieux fonds de la langue araméénne, parlée par les Hébreux avant la conquête de la terre promise. Moïse ne l'a donc pas inventé, il lui a simplement assuré la prééminence sur les autres noms et formes de la Divinité adorés par ses compatriotes. Enfin laxléfense de prononcer ce vocable vénéré ne date que de l'époque hellénique; elle a, sans doute, pris son origine à Alexandrie, où les Juifs, vivant au milieu d'une population païenne plus nombreuse, avaient à cœur de soustraire le nom de leur Dieu aux plaisanteries et aux jeux de mots profanes1. Les deux articles que je yiens d'analyser ne sont qu'un fragment de la collaboration féconde que, cette année comme les précédentes, M. Halévy nous a prodiguée, et cette collaboration elle-même n'est qu'une face de la vaste activité littéraire que l'auteur déploie, sur tout le terrain de la philologie sémitique. Critique biblique, étymologies hébraïques , théories grammaticales, identifications géographiques2, M. Halévy est à fcôn aise dans toutes les parties 4 Halévy, IX, 161, Recherches bibliques : le tétragrammé. Êl se rattacherait à la racine Ï&O « chercher un refuge »; Baal signifierait « maître »; Asthtorêt (Astarté) viendrait de *"irTÛ « couper », Astarté étant la déesse fendue (féconde). * Halévy, X, 1 Recherches bibliques; XI, 60. Critique biblique : le verset araméen de Jérémie est un « bloc erratique > détaché du livre d'Esdras. —Bepss^Oâtv et BaxE^XlÔ, par lesquels les Septante traduisent des mots hébreux signifiant dépôt (coffret?) et panier, proviennent de gloses araméennes, transcrites avec l'addition de la préposition 3 (Pour les équivalences Argat — Artag, Eragita Eratiga, comparez G-atouron Zagouron, ville de Paphlagonie, mentionnée par VAnon. Perip. Ponti, 23, Geog. min., Didot, I, 407.) Etymologies hébraïques. Les noms hébreux des mesures* de longueur divisionnaires et, en particulier, celui de la coudée ne viennent pas, comme le veut Lepsius, de l'égyptien, mais appartiennent au vieux fonds sémitique. — Schânak (année) vient de la racine qui a produit yaschan (vieux) et iaschen (dormant). — Sanvénm (cécité), de sinar'(tablier de cuir), littéralement la pellicule qui couvre l'œil de l'aveugle. Théories grammaticales. Le 2 et le fa initiaux qui entrent dans la composition