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Actes et conférences de la Société des Études Juives · 1886-01-01 · 1 (1886) · p. Seite XV

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Journal
Actes et conférences de la Société des Études Juives
Volume
1 (1886)
Article
Le péché originel et la femme d'après le récit de la Genèse
Date
1886-01-01
Page
Seite XV (sequence 11)
Language
French
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LE PÉCHÉ ORIGINEL ET LA FEMME XV Cette grave accusation d'avoir introduit dans le monde le péché * et la mort, qui depuis si longtemps poursuit la femme, n'a jamais été universellement acceptée. De nombreux apologistes se sont élevés en sa faveur, dont quelques-uns ont poussé l'éloge au delà des bornes permises. Voici d'abord le gnosticisme, une secte moitié chrétienne, moitié païenne, qui fait entrer l'élément féminin dans l'essence même de Dieu en y reconnaissant autant de couples "composés des deux sexes que la nature divine a d'attributs. Celui qui passe pour être le fondateur de cette secte, Simon le magicien, soutenait que la Divinité, si elle s'est incarnée dans un homme, a dû aussi, pour être complètement juste, s'incarner dans une femme, et cette incarnation, il a cru la reconnaître dans une Grecque d'une . extraordinaire beauté, mais d'une médiocre vertu, qui s'appelait Hélène et qu'on a surnommée Hélène-Ennoia, c'est-à-dire Hélènela^-Pensée, la pensée divine. Le gnosticisme a duré plus longtemps qu'on ne pense, il s'est propagé en Occident sous le nom de catharisme; il a été professé en France par la secte des Albigeois. Bien avant sa mort, avait paru dans toute l'Europe civilisée la chevakfrie. Or, qu'est-ce que la chevâlerie sinon le culte de la femme, l'amour de la femme, l'adoration de sa vertu et de sa grâce; encore plus que de sa beauté, érigés en religion? Cette religion-là passait dans les cœurs avant celle qui reposait sur la foi. Elle s'est prolongée jusqu'à la fin du xvi9 siècle, jusqu'au moment où l'auteur de don Quichotte l'a fait* mourir dans un éclat de rire. Ce n'est pas simplement un reste, c'est une renaissance de la * chevalerie et des cours d'amour que nous rencontrons, dès les premières années du xvxi6 siècle, à l'hôtel Rambouillet. La fameuse Chambre lieue d'Arthéniceest comme un temple où de grands seigneurs, des poètes, des savants viennent brûler* un encens raffiné aux pieds de la maîtresse du lieu, transformée en divinité, et répandant sur tout son sexe leâ rayons de son auréole. C'est un autre éclat de rire, celui que Molière a provoqué par les Précieuses ridicules, qui lui donne la mort; mais il ne disparaît pas de tel]", sorte qu'il ne garde encore des prêtresses illustres, telles que l'auteur de la Princesse de Grèves et celui du Grand Gyrus.

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