Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Journal
- Actes et conférences de la Société des Études Juives
- Volume
- 1 (1886)
- Article
- Le péché originel et la femme d'après le récit de la Genèse
- Date
- 1886-01-01
- Page
- Seite XIV (sequence 10)
- Language
- French
- Belongs to
- chapter
- OCR quality
- 72% known words query
- IRI
…/1099854-5241362--024-1099875- Visual Library
- page viewer of the UB Frankfurt
OCR text
XIV ACTES ET CONFÉRENCES nos premiers parents ne menaient pas une existence bien enviable. C'était l'innocence deTenfant, non la vertu, ni la science, ni l'expérience, qui est le prix de la douleur et du travail. La femme, dont la vive sensibilité devançait la raison de l'homme, a soupçonné, a désiré un état meilleur. Son imagination, figurée par le serpent, par la couleuvre mobile et parée de mille couleurs, lui a persuadé que cet état pouvait être conquis, par les efforts de l'homme, que c'était celui où l'homme ressemble à Dieu par la connaissance du bien et du mal. Elle engagea l'homme à sortir de son inertie, à se réveiller de son sommeil, .à faire usage de son intelligence. C'est ainsi qu'elle mangea du fruit défendu et qu'elle en fit manger à Adam. Que son nom soit béni et que sa postérité, en marchant sur Ses traces, -soit l'éternel objet de "notre respect et de notre amour! Voyez ce qui est arrivé et remarquez comme l'historien biblique* nous donne lui-même l'explication de ce symbole. Ce n'est qu'après la prétendue faute d'Adam et d'Eve, felix culpa, que la race humaine, en se multipliant* prend possession du monde, selon les termes de la bénédiction divine, que la terre est cultivée, que les troupeaux obéissent à la voix du pasteur, que les métaux sont travaillés pour servir à notre usage, que les arts sont inventés, que les villes sont fondées et que les familles en se développant donnent naissance aux premiers empires. Oui, le crime aussi fait son" apparition au milieu des hommes; mais avec le libre arbitre, avec la coexistence du bien et du mal, le crime est possible et fait ombre à la vertu; c'est à la vertu, à la justice de lutter contre lui, et c'est dans cette lutte aussi bien que dans celle qu'il soutient contre la nature, que se révèle la supériorité de l'homme, éternellement partagée avec la femme. Elle inspire, lui raisonne et exécute. C'est à cause de ce don d'inspiration qui lui est reconnu chez tous les peuples, qu'elle a souvent joué non seulement chez les Hébreux, mais chez les Gaulois*et chez les Grecs, le rôle de prophétesse. Je n'insisterai pas sur un parallèle qui serait ici entièrement déplacé^ j'aborde la question qui nous occupe sous un autre point de vue. Ce sera le dernier, et non le moins curieux peut-être.